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Reportages et entrevues
7 juin 2008
Alexis Charlebois-Laurin

La scène hardcore du Québec ne vit pas ses moments les plus glorieux et productifs présentement. Mais il y a une formation de Québec qui porte encore le flambeau bien haut et qui croit encore en la capacité du hardcore à toucher les gens par la force des mots. Agressant, abrasif, dérangeant et rempli d’un certain désespoir, Cult Of Gold est son premier album et est d’une qualité qu’on a pas vu pour un groupe de la province depuis un bon petit bout.

Il veut dire quoi en fait le titre de votre album, Cult of Gold?

Pierre-Luc: Si j’avais à résumer le tout en une phrase cohérente, j’utiliserais les mots de Robert Monks dans The Corporation: «In our search for wealth and prosperity, we have created something that is going to destroy us.» Tous les textes de l’album ont été écrits de façon à aborder de près ou de loin l’idée véhiculée par cette phrase afin de décrire un peu plus dans chaque pièce ce qu’est le culte de l’or et pourquoi nous devons souhaiter quelque chose de meilleur que ce culte pour notre existence personnelle et collective.

L’année dernière, on a célébré les 30 ans du punk rock avec la parution de Never Mind The Bollocks des Sex Pistols en 1977. J’imagine qu’on peut dire qu’on en est présentement à quelque chose comme la 25e année de la scène hardcore. Est-ce que Steven Blush a eu raison de dire dans son documentaire American Hardcore que ce mouvement était mort en 1986?

Ce documentaire m’a laissé un goût très amer et c’était précisément à cause de ce commentaire. Je comprends le point de vue et même le commentaire lui-même dans son contexte mais c’est extrêmement choquant pour un amoureux du hardcore de se faire dire que tout ça, c’est de la merde. À mon avis, très peu de gens qui ont écouté ce documentaire ont vécu ce qu’était le mouvement entre 1983 et 1986. Toutes ces gens ont plein d’admiration pour les personnalités apparaissant dans le documentaire. Les personnes qui ne cherchaient qu’à se ressourcer et raviver leur foi en ce mouvement se sont fait cracher en plein visage. Que le mouvement soit mort en 1986 ou pas, je crois qu’il est encore extrêmement pertinent. Le hardcore, c’est l’une des voix de la révolte et tant que des injustices subsisteront, le hardcore sera toujours pertinent. Et puis il y aura toujours des irréductibles du DIY et des personnes qui ne sentent pas que leur place est parmi la majorité.

Avez-vous si peu confiance en l’avenir de la race humaine que ce que la chanson Same Mistakes le laisse entendre?

Ma réponse la plus spontanée serait un simple oui. Toutefois, j’essaye au quotidien de faire un effort constant et soutenu afin de ne pas laisser mon pessimisme prendre le dessus. Ce n’est pas le message que je veux transmettre aux gens. Je sais que c’est sans doute extrêmement étonnant après avoir lu les textes que j’ai écrits pour Cult of Gold mais j’aimerais pouvoir transmettre un message positif à travers tout ce désespoir qui m’habite et qui, inévitablement, apparaît dans mes textes mais c’est simplement vraiment moins naturel chez moi. J’espère seulement que tout un chacun peut en retirer quelque chose de grandissant plutôt que destructeur, ne serait-ce que de se rendre compte que d’autres gens voient les mêmes choses que nous partout autour et qu’eux aussi trouvent que ça ne tourne pas très rond tout ça. Pour ce qui est de ma confiance en l’avenir de la race humaine, d’un point de vue biologique je n’ai pas à en avoir. Elle est apparue, elle vit et elle disparaîtra sans doute, c’est le cours normal des choses. Et après tout, on récolte ce que l’on sème.

En quoi la scène punk rock a-t-elle été remise entre les mauvaises mains comme le dit une de vos chansons?

Je sais que c’est cliché à dire mais le punk rock est devenu une business. Je ne condamne pas la business dans le punk rock car ça prend des étiquettes de disques, des bookers, des studios, etc. Mais la business devrait être le moyen du punk rock et non pas sa fin. Si la business devient sa fin, le punk rock n’est plus qu’un autre produit qu’on vend chez Best Buy et c’est là que réside tout le problème. Le punk rock est tombé en de mauvaises mains. (Alexis Charlebois)

www.myspace.com/wordshc

12 juin – L’Agitée (Québec)
13 juin – Marina (Chicoutimi)
14 juin – Blackdot (Montréal)
15 juin – The Bayou (Ottawa)
20 juin – Salle des Cantons (Warwick)
21 juin – Rock Café Le Stage (Trois-Rivières)
28 juin – Bar L’Évasion (Clermont)

Un commentaire
  1. JC dit :

    Ben content pour vous! J’ai hâte d’entendre ça! Belle entrevue d’ailleurs! Ça rejoint certaines de mes opinions!

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