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![]() Lonnie Jordan, membre fondateur du collectif WAR, est d’un positivisme exacerbé, voire aux limites de l’irritant, lorsqu’il se remémore le parcours chargé de ses quarante années de service. « Quarante ans!!, bondit-il, Je n’y avais pas vraiment réfléchi comme tel… Et j’ai parfois l’impression d’être encore un novice ». Née des cendres de The Animals et Creator (ou Nightshift, selon l’humeur), c’est en 1968 sous Eric Burdon and War que les huit musiciens originaux, de quasi autant de nationalités différentes, mettent en branle l’idée de ce qui allait ultimement devenir WAR. Évidemment, sur quarante ans, nombreux furent les rebondissements au cœur des musiciens. Propulsés dès leurs débuts par les succès « Spill the wine », puis « Low rider » ou encore « The Cisco Kid » (on parle de quelques cinquante millions d’albums vendus au total, pour ceux qui comptent}, plusieurs observateurs les classent très vite dans les meilleures perfos live jamais observées. Bien sûr, comme toute formation qui se respecte, la rançon de la gloire a aussi connu son lot de revers – moult changements de personnel, période creuse des années 90, bris d’entente avec le label, et la liste continue… – laissant aujourd’hui Jordan dans le rôle d’unique membre original toujours présent. Comment le principal intéressé, à des lunes de l’amertume, garde-t-il le moral? « Je crois au karma! Et puis la nouvelle génération n’en a que pour nous!», répond le sexagénaire, dans un éclat de rire. Joie de vivre, quand tu nous tiens… « C’est génial! », poursuit-il sur la lancée, en parlant des nouveaux et jeunes membres qui l’accompagnent aujourd’hui en tournée, « je retrouve avec eux la même énergie que nous avions il y a quarante ans de cela. Je trouve que ça s’inscrit très bien dans le mandat de WAR à demeurer universel, sans limite d’âge, de nationalité, de genre ou quoi que ce soit. Nous provenons de la rue, là où tout les gens se confondent ! [Sur scène] Nous nous concentrons principalement sur le matériel déjà connu et qui a fait école. Ceci dit, après la sortie du DVD [enregistré récemment au Grove d’Anaheim, CA] ainsi que l’actuelle tournée, nous planifions entrer en studio et ‘ouvrir la voute’ pour y enregistrer du tout nouveau matériel. » Voilà pour le scoop. Le groupe prévoit enregistrer le tout durant la période de Noel afin de le faire paraître au printemps 2009. « I Have A Dream » La question nous brûle les lèvres : avec l’âge et le recul, quelle forme de rapports celui qui a commencé à pianoter à six ans entretient-il avec Burdon et ses acolytes de la première mouture ? « Plus aucun malheureusement mais je conserve un très bon souvenir des années passées en leur compagnie. Nous avons connu un beau mariage, avons mis au monde de superbes enfants puis avons chacun fait notre chemin au terme de circonstances irréconciliables. […] Je ne voudrais pas entretenir d’amertume à leur égard : je m’en remets donc à la trace indélébile laissée par toute l’aventure. » Peaufinant donc toujours un filon musical aussi pluri-référentiel que singulier [« Je nous décris toujours comme un ‘mixed salad bowl of music’, une étrange équation qui puise partout et s’éclate comme aucune autre ! »] où se conjuguent tant le jazz, le funk, le R’n’B et le reggae que les musiques latine, indienne, brésilienne, etc… le musicien/compositeur s’inquiète-t-il de la réception d’une telle proposition aujourd’hui ? « Chacune des fois où je monte sur scène devant autant la nouvelle que la vieille génération de spectateurs, je réalise jusqu’à quel point le statement du groupe est encore plus d’actualité maintenant. Ce sont des textes qui véhiculaient l’espoir et le changement pour contrer l’oppression et l’inégalité, nous n’avons rien inventé… » Un désir à rester près de son public qui se traduit dans les thèmes de prédilection abordés dans les textes et qui ont fait la réputation et tout le tonus du groupe. « Nous n’avons pas réellement changés: le message véhiculé il y a quarante ans reste, heureusement ou non, toujours aussi pertinent aujourd’hui qu’à nos débuts. Nous cultivons la même attitude, le même concept, la même soul. En grosse partie par loyauté pour nos fans. Et puis avec l’état du monde actuel, encore plus que jamais, il doit y avoir des musiciens, des artistes, qui prennent position. Juste ici avec Bush et ses disciples, c’est absolument essentiel. […] Je saurai le 4 novembre prochain [Élections présidentielle états-unienne] si je peux enfin écrire une chanson plus joyeuse ! » De soul et de changement : Yes we can. (Stéfane Campbell) WAR en spectacle à l’Olympia, le 18 septembre, 20hr.
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