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PODCASTS

Reportages et entrevues
10 décembre 2007
Stéfane Campbell

Avec ses cinq albums en banque, dont quatre sur le compte d’Indica, plusieurs tournées dans l’ensemble de la francophonie, quelques nominations au dernier Gala de l’ADISQ ainsi qu’une mention de l’industrie pour l’album punk québécois le plus vendu, la réputation du quatuor originaire de Granby n’est plus à faire. Tout juste revenu d’un périple en France au cours duquel elle aura donné 16 concerts en 17 jours, Guillaume Beauregard, chanteur et principal parolier de la formation, s’est généreusement prêté à l’entretien réclamé. Résumé d’une rencontre tel un statement sous le couvert du politique et de la lucidité.

À la sortie de Compter les corps, il y a un peu plus d’un an, tu as abondamment parlé du processus d’écriture qui avait été difficile, du post-Aimer le mal qui vous avait pesés. Comment regardes-tu tout cela aujourd’hui?
La première année d’écriture a été difficile mais à un certain moment, on s’en est aussi sorti. On a pris tellement notre temps pour écrire et réaliser l’album que ça n’a pas été un poids tout le long. C’est clair qu’il y avait de la pression mais avec le recul, c’est le premier album pour lequel, même un an après sa sortie, j’en suis encore fier. Il n’y a pas de textes, de chansons, d’arrangements que je regrette. Je replonge dans l’esprit du temps où on l’enregistrait et je n’y changerais rien. Alors qu’avec Aimer le mal, un mois après sa sortie, j’étais déjà déçu.

Est-ce que vous reprendrez une pause aussi importante d’ici au prochain album?
Il y a un moment de transition nécessaire. On ne veut pas composer, faire des shows, être dans le tapis à ce point-là. Mais on a déjà plein d’idées pour des trucs à venir alors… On n’est pas vidés du tout, au contraire. Ça fait près d’un an et demi qu’on tourne avec l’album et ça nous donne le goût d’essayer de nouveaux trucs, de nouvelles chansons. On a encore du plaisir à jouer l’album live mais c’est trippant d’avoir encore envie d’aller plus loin.

Que répondez-vous aux puristes qui dénoncent votre popularité versus vos positions politiques?
Le débat de l’intégrité du groupe punk ne nous concerne plus depuis longtemps. On a plutôt envie de cracher dans la soupe et d’utiliser le système pour passer notre message, comme pour ce qui en est de l’ADISQ. On prend la tribune qu’on nous offre. Et il y a probablement plus de gens qu’on pense qui sont tannés de voir Nancy Boulais ou je ne sais trop qui brailler comme une insignifiante au micro chaque année depuis dix ans. Le trophée, la reconnaissance des pairs, rien à foutre. On veut tout simplement s’adresser à ces gens-là. Point.

Dirais-tu que vous êtes un groupe politique?
Tout est politique. Je pense que de faire de la musique est très politique. Tout dépendamment des points de vue, mais je suis de l’école qui pense que tous les choix que l’on fait ont un impact direct sur ce qui nous entoure. On aurait pu décider de se rencontrer chez Burger King mais on est venu au Vices et Versa. C’est une façon d’être lucide, d’être conscient de ses choix.

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