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Reportages et entrevues
26 janvier 2008
Stéfane Campbell

Aujourd’hui une donnée factuelle ayant surpassé les vagues limites du phénomène de hype, Montréal est une métropole bien établie pour son lot important de groupes et de musiciens qui en émergent. De Wolf Parade à Malajube en passant par les monstres sacrés d’Arcade Fire, la quantité tout comme la qualité n’est effectivement pas en reste. Assez ironiquement, le groupe qui de tous a connu la plus fulgurante ascension sur le plan international est celui dont le nom ne ressort à peu près jamais quand on se flatte la patrie à répertorier les gens qui ont su s’établir outre-frontières. Attention oreilles chastes et pures: nous parlons bel et bien de Simple Plan.

Cultivant très clairement un son qui bien qu’issu du punk californien, a les deux pieds fermement plus ancrés dans une culture pop, les cinq jeunes hommes ont su tirer les ficelles sensibles – et décriées par la critique – d’une génération pubère et souvent féminine qui les glorifie de par le globe. Un plan bien simple selon certains, mais diablement efficace. Ainsi, quelque sept millions d’albums vendus plus tard et battant le feu par le feu, le groupe, composé d’anciens membres de Reset, répond à ses détracteurs en leur servant l’album le plus pop qu’il ait réalisé à ce jour et dont la sortie officielle est prévue pour le 12 février. Allant jusqu’à s’enticher les services de Monsieur Sexyback en chair et en flair, Nate Hills, et de quelques autres têtes fortes de l’industrie pour la production. Qu’on se le dise, jetable ou non, la locomotive est bien loin de s’essouffler.

Top de la pop
Les traits quelque peu tirés par une tournée de promotion de 21 jours dans tout autant sinon plus de pays et arrivé la veille – «de Singapour, dix-huit heures et demie en Airbus sans arrêt, le plus long vol qui existe, c’est long en tab…» –, c’est tout de même avec un éminent plaisir que David Desrosiers discute de l’opus à venir. «C’est sûr qu’il y a quelques changements de direction. Après huit ans à jouer ensemble, il fallait réussir à s’exciter de nouveau». Il aura pour ce faire fallu une année et demie pour travailler sur ces nouvelles sonorités avec des producteurs tantôt pop, voire hip-hop (Hills), tantôt résolument plus rock en la personne de David Fortman. «On aimait à quel point il touche à tout», nous dira-t-on à son sujet. De Mudvayne à Evanescence, l’homme travaille présentement avec Slipknot, ce qui dénote en effet une certaine dextérité. Puis au rang de l’anecdotique mais savoureux détail, Fortman fut jadis guitariste pour les brièvement célèbres Ugly Kid Joe avant de sombrer dans l’oubli [«I hate everything about you» quelqu’un?]. «Il a connu les projecteurs avant de se recycler dans la production, ce que j’aimerais peut-être faire un jour. C’est très cool d’avoir quelqu’un qui connaît aussi toute la dynamique de band. On a développé une très belle chimie avec lui.»

Parcours qui se veut tout le contraire du principal producteur de l’album, Nate «Danja» Hills, jusqu’à récemment plutôt méconnu du grand public, écrasé sous le poids de la réputation de son mentor Timbaland, sort renversé alors que l’homme a connu l’eurêka en signant les productions des giga stars Nelly Furtado et Mariah Carey et en rendant quasi plausibles les derniers balbutiements de Britney Spears. [Méta-commentaire: voici trois noms que jamais nous n’aurions cru lire ou écrire dans la présente publication] «C’était un peu l’arme secrète de Timbaland et il vole maintenant de ses propres ailes. Nous sommes très honorés d’avoir été l’un des premiers sinon le premier groupe à travailler avec lui en solo. Les gens l’ont découvert et maintenant il ne fournit plus. Du coup, il est resté très humble et je le trouve beaucoup plus charismatique que Timbaland.» Charismatique ou non, la mainmise de l’homme surprend ceux qui sont habitués aux sons plus binaires des guitares et basses de mise dans le genre, y infusant claviers, loops et autres effets de studio piochés dans des univers musicaux parallèles.

Passé composé
Le temps d’un bref regard en arrière, comment le principal intéressé perçoit-il l’évolution des membres d’hier à aujourd’hui? «Dans le cas du premier album, on écoutait des trucs plus rapides, plus de punk rock californien typé. C’était notre phase Green Day, blink-182-, NOFX, Face To Face et toute cette vague. Au moment d’enregistrer le deuxième opus, on était plus dans le monde du rock en bon et due forme, tout en conservant toujours notre côté pop. Et si on remonte même à l’époque de Reset, on ne se cachera pas qu’il y a toujours eu un fond très pop au niveau des mélodies et de la formule de chanson. Pierre a toujours chanté des mélodies pop, on n’a pas changé beaucoup.» Mais tout de même, de Reset à Timbaland, le clivage est notoire. Et le choix de production fait lever plus d’un sourcil. «Nous n’avons jamais voulu demeurer un petit band obscur. Je pense que c’est assez clair et ça ne fait que commencer. On veut être le plus gros band au monde. Et le fait d’explorer est dans le simple but de ne pas refaire deux fois le même album.» Puis, l’idée de métisser des univers éloignés est devenue au fil des pratiques l’évolution logique qui allait capitaliser sur ledit nouveau son du groupe, réinsufflant à ses membres l’appétit à créer de nouveau.

N’oublions pas qu’en termes de super producteurs, le jeune combo n’en est pas à ses premières rencontres si l’on se rappelle qu’il avait fait appel aux services de Bob Rock (Metallica, The Cult) pour le compte de Still Not Getting Any… remontant en 2004. Ainsi, de l’homme qui avait donné du muscle au punk bubble-gum du deuxième album, Desjardins se souvient d’un être «extrêmement professionnel et tout aussi modeste, un vieux de la vieille qui ne se prend pas du tout au sérieux, une grande leçon d’humilité». Difficile du même coup d’oublier celui par qui, quelques mois plus tard, le groupe Mötley Crüe allait récupérer une chanson que Simple Plan avait laissé tomber pour en faire un single, suivant les conseils de Rock. «Bob leur a suggéré la pièce, ils l’ont aimé, Nikki Sixx et Tommy Lee l’ont repiqué et puis voilà. Ils nous ont invités par la suite à leur concert. Et je me suis retrouvé en coulisses à m’obstiner avec Sixx à savoir qui de nous deux rockait le plus. C’était carrément surréaliste.» À défaut de tomber dans l’oubli, un honorable second souffle en effet.

«We won’t come back, the world is calling out»
À la veille de la parution du troisième album, et malgré la renommée internationale dont ils ont su bénéficier, la pression rattrape parfois les garçons dans le détour. «C’est évident, mais on est tellement perfectionnistes et exigeants à l’égard de nous-mêmes que c’est une pression générée avant tout de l’interne. On a toujours tout contrôlé et pris toutes les décisions, c’est très agréable mais tout aussi stressant. On est probablement un des groupes qui en fait le plus baver aux gens de l’étiquette [Warner]. On est tellement pointilleux sur tout ce qui touche au groupe, tant sur le plan musical que de la mise en marché, qu’ils nous trouvent parfois difficiles. Cela dit, je pense qu’on a fait nos preuves aussi. Les ventes sont assez bonnes pour nous donner le crédit à leurs yeux de se le permettre.»

Les moyens pour arriver à leurs fins vont jusqu’à faire bondir Perez Hilton, véritable institution pour les internautes en mal de presse people, dans le vidéoclip When I’m Gone. «C’est une grosse joke. On l’a rencontré aux MuchMusic Video Music Awards il y a deux ans et nous avons pensé à lui parce qu’il correspondait au thème du clip qui est l’obsession des gens et des médias pour le star système. Je trouve personnellement qu’il y a quelques trucs qui peuvent être blessants sur son blogue mais nous avons la chance d’être du côté des épargnés, en espérant que ça restera ainsi.» Une réalité bien loin du cœur de l’entreprise avant tout musicale qui au final s’avère un plan tout sauf facile. «On travaille fort sur nos albums, on est fiers de ce que l’on produit, on veut le partager avec le plus de monde possible. Qu’ils aiment ou non, ça leur appartient, mais on va tout mettre en place pour y arriver. C’est ça le “Simple Plan”».

Et de quoi s’abreuve le jeune homme en matière musicale par les temps qui courent? «Je suis absolument obsédé par Feist». Mais la musique montréalaise le titille aussi toujours. «Un de mes groupes fétiches demeure The Stills qui sont aussi des amis. Liam O’Neil, le pianiste, joue d’ailleurs la majorité des pistes de piano sur l’album. Souvent, on plogue d’ailleurs plein de bands connus ici lorsqu’on se promène dans le monde. Islands, Malajube, Pony Up et combien d’autres, la scène musicale montréalaise est incroyable et un bon groupe devrait être écouté par le plus de gens possible». Think big.

www.simpleplan.com

Un commentaire
  1. vanessa dit :

    salut

    vous etes trop sexy beau

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