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PODCASTS

Reportages et entrevues
21 janvier 2008
Sebastien Charest

L’imagerie d’Anik Jean a toujours frappé fort, qu’on porte attention à son allure, cheveux noirs, tatouages sur le bras gauche, style sombre rappelant le gothique, ou à ses vidéoclips, petits films aux univers rappelant Tim Burton et David Lynch. À la vue de son nouvel album Le ciel saigne le martyre, on se dit que la claque sera encore plus intense.

«J’ai toujours trippé sur l’horreur, les films noirs, dit-elle en référence à la pochette où elle arbore un look vamp. Je trouve qu’il y a une belle beauté, une sensualité, un beau mélange de couleurs dans ces genres-là. Je suis très baroque, très romantique.» Amoureuse de la filmographie de Tim Burton, la pochette de son album ressemble étrangement à l’affiche de la nouvelle version de Sweeney Todd. Pure coïncidence? «Quand j’ai appris la sortie du film, j’ai fait plein de recherches pour en savoir plus et je suis tombée sur le cul quand j’ai vu le poster, surtout que le photo shoot était déjà terminée de notre côté quand je m’en suis aperçue.» Tout comme le réalisateur, Anik Jean a toujours aimé elle aussi donner à ses vidéoclips un univers propre, que ce soit dans Je suis partie où on assistait à un assassinat de lapins ou dans Tendre sorcière qui affichait certaines similitudes avec Closer de Nine Inch Nails. Le prochain, pour la pièce Lucifer, s’inspirerait d’ailleurs de The Perfect Drug, toujours du groupe mené par Trent Reznor.

Toutefois, on écoute l’album et le constat est différent. Alors qu’on se serait attendu à des textes glauques et ténébreux, c’est plutôt la mélancolie et la tristesse qui se pointent. «Durant la composition de l’album, je vivais une rupture amoureuse. Ça m’a inspiré énormément. Même quand ç’a été fini, j’ai continué à écrire sur ce sujet-là. En fait, j’ai vu l’album comme un film. Je ne voulais pas faire cinq chansons happy et quatre autres plus heavy. J’ai assumé mon trip de A à Z.» Même chose pour la musique, où l’ensemble sonne assez joyeux et très rock. «J’adore jouer avec les contrastes. C’est le genre de musique que j’aime écouter. J’essaie de jouer avec ça le plus possible.» Autre surprise sur l’album: aucune chanson anglophone, alors que le précédent en contenait trois. Celle qui a vécu quelques années aux États-Unis serait-elle devenue totalement francophile? «J’avais besoin de me prouver que je pouvais le faire en français, tout seul. J’y tenais. J’ai même lu le dictionnaire, noté les mots nouveaux que je découvrais dans mes lectures. Ç’a été très inspirant comme démarche.» Le ciel saigne le martyre devrait quand même avoir un frère anglophone (le même album mais dans la langue de Shakespeare) d’ici la fin de l’année.

Ayant coréalisé son premier album, Anik Jean désirait cette fois déléguer la tâche à quelqu’un d’autre sans que celui-ci ne lui dise quoi faire et comment jouer. Le choix s’est arrêté sur Mark Plati, réalisateur pour David Bowie dans les années 90 et du dernier Rita Mitsouko. «J’ai trouvé son courriel et on a commencé à se parler de nos goûts musicaux. Je l’ai par la suite rencontré et ç’a cliqué immédiatement.» Celui-ci lui propose de s’adjoindre les talents de Earl Slick, guitariste pour le Ziggy Stardust, et de Mike Garson, le pianiste de son succès Aladdin Sane. Pour la fan inconditionnelle de Bowie, elle n’aurait pas pu espérer mieux… en attendant de le rencontrer en personne.

www.anikjean.com

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