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Le syndrome Club Price
Spectacles
2 décembre 2007
Arnaud Cordier

LA FIN DES GOULES
Salle Multi 1, 2 et 3 novembre 2007
Québec

6 ans de forfaitures, 6 ans de folies en tous genres, 6 ans d’une alternative sans commune mesure au Québec. 666… pour un groupe diabolique, on ne pouvait trouver mieux. Les Goules ont mis fin à cette première vie en enfilant trois spectacles d’adieu dans leur cathédrale favorite, leur ville de Québec qui résonne encore de ce carnaval aussi décadent qu’immensément attachant. L’occasion faisant le larron, le triptyque sera d’ailleurs immortalisé sur un DVD à sortir en 2008 (P572/Outside).

Surprise de cet automne, la fin des Goules survient alors que la première pression de leur troisième album Les Animaux s’est épuisée en quelques mois à peine. Alors pourquoi arrêter ce zoo ambulant? «On a tous des projets personnels: voyage, enfant, travail, projets musicaux. On s’est dit que c’était le bon moment pour prendre un break prolongé. Ça devenait compliqué de se coordonner pour des spectacles, répétitions, passer des week-ends sur la route», nous précisera un Igor Wellow qui semblait sur un nuage. Une chose est sûre: après avoir pris le pouls auprès des intéressés, leur retour n’en sera que plus flamboyant.

En cette deuxième soirée de spectacles, le public était au rendez-vous dont une bonne partie avait pris au mot Les Goules qui voulaient voir des déguisements dans la foule. De Jack White au vampire, de l’écolière au robot, tous étaient là avant tout pour suer et chanter avec les maîtres de cérémonie locaux. La salle Multi (du complexe Méduse) s’était aussi mise au diapason pour l’occasion, affublée de caméras, d’un décor scénique tout aussi fourni et une balance de son irréprochable. Entre Le Bal des vampires, le cirque Arkaos et La Cage aux folles, le spectacle allait retracer les trois albums dans sa chronologie originelle. Accompagnés par une chorale féminine que n’aurait pas reniée Dario Argento, Les Goules ont une nouvelle fois prouvé qu’ils étaient certainement parmi les dix groupes québécois les plus impressionnants sur scène. Guitares tranchantes, voix nasillarde à souhait, batterie solennelle et sautillante, la salle n’a pas eu de mal à décoller pour cette mascarade que venaient compléter la vingtaine de figurants (danseurs, contorsionnistes, cracheur de bière, zombies et lolitas…) pour ces ultimes prestations. Des phallus en aluminium en passant par le lancer de peluche ou encore l’homme citrouille complètement «déchiré», les facéties goulesques se sont terminées après deux rappels plus que mérités, laissant les fans en sueur et aphones… Mission accomplie.

En partance pour une hibernation prolongée, Les Goules auront su laisser une trace indélébile dans le paysage musical québécois, en bien ou en mal pour certains car l’indifférence est impossible. On n’est pas prêts d’oublier ces spectacles incendiaires ni ces albums aussi pesants que dérangeants à bien des égards. (Arnaud Cordier)

Entrevues vidéo et extraits du spectacle à bangbangtv sur www.bangbangtemort.com

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