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PODCASTS

Reportages et entrevues
1 novembre 2007
Arnaud Cordier

New York a beau s’être assagie, les rues de Brooklyn réservent encore parfois des mauvaises surprises. Mais là où une majorité aurait pris le maquis définitivement, Raymond Raposa décide d’emmener ses Castanets en réflexion et émerge avec un bel album folk sombre et lumineux à souhait. Le collègue de label et ami de Sufjan Stevens revient plus serein et lucide que jamais sur In The Vines.

Avant d’aboutir à ce nouvel album de Castanets, tu as vécu une attaque à main armée dont les retombées allaient enfin déboucher sur In The Vines…
Je t’avouerais que je pourrais facilement sombrer dans l’ironie et la démonstration mais je n’en ferai rien car je ne tiens pas à révéler les petits mystères qui se trouvent sur l’album à la suite de cette journée noire. On apprend tellement des erreurs et des affres que l’on subit quotidiennement, bien plus qu’un plan préétabli finalement. Un peu comme le musicien free jazz qui répète ses «erreurs» pour construire une musique qui s’homogénéise en fonction des accidents spontanés de son jeu.

Avant d’en arriver à faire de la musique dans le concret, tu as traversé les États-Unis à l’âge de 15 ans. En gardes-tu encore les stigmates? Te servent-ils encore dans ta pratique?
C’était le jeune homme qui a su rassembler tous ces moments afin de les imprimer profondément. À l’âge adulte, on les redécouvre comme des fossiles qui voient le jour inopinément. Il y a eu cette solitude, cette humanité qui se retrouve maintenant encore en moi. Ces émotions constantes ne cessent de remuer et elles ont bien sûr un effet sur ma musique. Je suppose que c’est inévitable mais ces expériences de jeunesse sont perpétuellement remplacées par des versions plus contemporaines, si tu veux.

As-tu voulu inscrire In The Vines dans les sillons laissés par Cathedral et First Light’s Freeze?
Dans un certain sens, oui. Mais même les meilleurs plans s’escamotent. Il y a des éléments que l’on retrouve sur les trois albums. In The Vines est définitivement dans le sillage de First Light’s Freeze, beaucoup plus que le prochain ne le sera de In The Vines.
Je crois avoir complété un cycle avec le sentiment d’excitation intense de sortir du nouveau de soi. Je me sens maintenant plus libre que jamais par rapport au passé.

Au rayon des collaborations, on y trouve The Climbing Choir. Cependant, excepté de rares occasions, on entend à peine sa contribution sur l’ensemble.
En fait, j’avais besoin de sentir mes amis et leurs voix pour traverser ce moment particulier. Ça n’est pas réellement une chorale au sens propre du terme, si tu veux. C’est de l’ordre du subliminal en quelque sorte. Mais les voix entendues sont celles de mes amis, ces mêmes voix que j’entends dans mes rêves les plus doux.

As-tu besoin de te plonger dans de la lecture avant d’entrer en écriture?
Il y a une phrase sur cet album que j’ai reprise du Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa mais je ne m’intéresse pas vraiment à ce bouquin en particulier. Si je peux éviter de lire ou d’écouter n’importe quelle source pendant mon écriture et l’enregistrement, c’est mieux ainsi. Je préfère laisser la vie dicter sa volonté que de me laisser influencer par l’extérieur.

Quels sont tes vœux pour ton avenir proche, pour cet album et une venue éventuelle au Canada bien sûr?
J’aimerais gagner en objectivité et distance. Que le temps me permette de réécouter In The Vines avec une distance qui confère à certaines chansons leurs véritables valeurs. J’espère que les gens accorderont le temps nécessaire à son écoute également et puis pour 2008, on aimerait venir, peut-être avec Shapes and Sizes, si toutefois le personnel à la frontière est dans de bonnes dispositions…

www.myspace.com/castanets

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