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Halifax semble se régénérer aussi naturellement qu’il y fait humide. Peu auraient parié sur son avenir qui, selon une formule cyclique irréfutable, n’avait que peu de chances de se renouveler après des années 90 fulgurantes. Or, la ville ne cesse d’enfanter de fins limiers. Des Stolen Minks à Buck 65, de Contrived à Wintersleep, ce bout de pays se nourrit au hip-hop, à la pop, au folk et au rock dans tous ses états. S’il est devenu nécessaire de sillonner de long en large les quatre coins du pays, Wintersleep n’a pas attendu qu’on lui conseille la démarche pour partir en transhumance. On soupçonne d’ailleurs le quatuor de ne faire des albums que pour assouvir sa vraie passion: la scène. À l’aube de la sortie attendue de son troisième album Welcome To The Night Sky, Wintersleep trépigne et nous éclaire sur cette nouvelle opération de charme qui confirme une nouvelle fois que sa pop fouillée pourrait devenir un incontournable cet automne. Un peu comme à la veille d’un examen, Paul Murphy, fondateur de Wintersleep, sait qu’une autre phase s’amorce en donnant vie à ses nouvelles pépites. «En effet, le compte à rebours est commencé. On se trouve dans un état d’excitation agréable mêlé à une certaine dose de peur. Une peur positive car nous sommes très fiers de l’album. On est vraiment contents de notre travail en studio et je dirais même que ça dépasse nos espérances.» Un album qui aura eu pour principal défi de relever le gant d’une deuxième production louangée partout au pays, plaçant le groupe devant ses responsabilités. «Avec le temps, on a su maîtriser mieux le travail en studio. Nous voulions nous mettre une pression nécessaire afin de garder une fraîcheur créatrice avant de rentrer en enregistrement.» Une session qui aura vu le groupe accueillir derrière la console l’Écossais Tony Doogan à qui l’on doit la majorité des albums de Belle and Sebastian, Mogwai et tout ce que l’Écosse compte de joyaux pop. «C’était un rêve de pouvoir travailler avec Tony. Quand tu vois tout ce qu’il a fait, ces albums mythiques, tu te dis que ce serait de la chance de l’avoir à tes côtés. Il est devenu le cinquième membre du groupe en studio. Il nous a apporté tant de choses, des détails qui font une énorme différence quand tu réécoutes le produit final. Il est très rigoureux et attentif au moindre effet. Il a su peaufiner nos titres sans jamais empiéter sur notre vision. Nous avions l’habitude de faire traîner nos sessions à force de toujours vouloir ajouter ou retirer des éléments, refaire les prises, etc. Avec Tony, nous avons complété Welcome To The Night Sky en trois semaines.» Et là où certains verraient d’un mauvais œil les interminables rallyes que sont devenues les tournées pour subvenir à sa passion première, Paul se voit comme un poisson dans l’eau une fois sur la route. «On adore les tournées. L’expérience scénique est devenue le point d’orgue de notre travail. Il est évident que parfois c’est lourd. Rouler 14 heures entre deux salles, c’est un peu fou, mais que ce soit en Europe ou aux États-Unis, le plaisir est toujours renouvelé.»
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