2 octobre 2007
Alexis Charlebois-Laurin
Strung Out, formation incontournable de la scène punk rock de Californie et des débuts de Fat Wreck Chords. Plus de 15 ans d’existence, six albums dont un classique incroyable qui aura marqué son époque à jamais, Suburban Teenage Wasteland Blues, paru en 1996. Un groupe incroyablement talentueux et professionnel mais qui n’a jamais accepté de se faire dire quoi faire. Et moi, je suis censé appeler Jason Cruz comme si de rien n’était. Nice!
Votre dernier album s’appelle Blackhawks Over Los Angeles. As-tu déjà vraiment vu des hélicoptères survoler L.A.?
Oui, j’ai déjà vu des Blackhawks survoler la ville. J’ai trouvé ça pas mal creepy et ça m’a fait pensé qu’ici tout est pratiquement toujours comme un show de télévision. Tout ce que la majorité des gens font, c’est se distraire avec des choses mondaines. Puis ç’a créé une image dans ma tête et la chanson a été écrite peu de temps après. Ça m’a fait penser à comment on réagirait si ce qui se passe à Bagdad se déplaçait ici, si notre vie confortable ne l’était plus tant que ça. Mais je crois que les gens vont toujours vouloir avoir une vie confortable et détourner le regard de ce qu’ils ne leur plaisent pas de voir. Sauf que si tu leur mettais ça en pleine face et qu’ils n’avaient pas le choix de le voir, les choses pourraient être différentes.
Y avait-il un concept derrière l’album avec des titres comme A War Called Home et The King Has Left The Building?
Non. Je pense qu’avec le dernier album, c’était juste un ultime effort d’évacuer tout ce que je pensais à propos de la guerre et ce qui se passe en Amérique. Sur les deux derniers albums, ça m’a beaucoup préoccupé parce que c’est une immense part de notre réalité. Sur le dernier album, j’avais beaucoup de choses à dire et c’est dur de ne pas être influencé par ce genre de choses. Mais non, il n’y avait pas vraiment de concept autour de l’album en tant que tout. C’est juste une époque dont je veux que les gens se souviennent.
Penses-tu que les Républicains peuvent l’emporter pour une troisième fois d’affilée en 2008?
Je pense que même si les Démocrates l’emportent, ça va être la même histoire. C’est une question beaucoup plus profonde que Démocrates contre Républicains. Je crois que c’est la dernière chance d’une nation de faire quelque chose de positif avant de passer le flambeau de leader mondial à la Chine. Il y a des choses qui se passent qui sont pas mal au-dessus de George W. Bush. La Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie… tu sais. Si les Démocrates gagnent, ça va être la même vieille histoire avec des visages différents. Les Américains doivent changer leurs désirs, leurs besoins, leurs styles de vie pour en arriver à un véritable changement.
Après 13 ans sur FAT, comment gardes-tu une bonne relation avec un label? Aurais-tu aimé que Strung Out tente sa chance avec une autre étiquette?
Je pense que les choses s’améliorent. Les deux dernières années ont été très dures pour les labels et tu te rends compte qui sont réellement tes amis. Notre relation avec FAT est plus forte que jamais. On sait à quoi s’attendre l’un de l’autre et ça fonctionne. Il n’y a pas de bullshit, pas de mauvaises surprises. C’est à toi d’amener ton groupe où tu veux qu’il soit.
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