2 octobre 2007
Stéfane Campbell
C’est maintenant bien connu: les groupes indie rock montréalais ont la cote. Aux États-Unis autant qu’en Europe, les success story sont choses du commun. Ou presque. Dans la foulée, les Stars ont connu une ascension plus que considérable en 2005 avec le très beau Set Yourself On Fire (le tout a débuté chez nos voisins du Sud pour éventuellement gagner leur terre natale canadienne, nul n’est prophète…). Véritable who’s who? par excellence (trois membres de Broken Social Scene, le chanteur Torquill Campbell, acteur aux nombreuses apparitions notoires au petit écran), les voilà aujourd’hui qui rappliquent, suivant près de deux années de tournée avec le tout aussi beau bien que plus sobre In Our Bedroom After The War. Rencontre avec Pat McGee et Evan Cranley, respectivement batteur et bassiste, tout juste à leur sortie de scène à Osheaga.
Vous aviez dit lors de Set Yourself On Fire que vous désiriez faire un album sur le sexe et vous avez finalement abouti avec un album sur le sexe, la mort et les robots. À quoi pensiez-vous cette fois-ci?
Pat: Définitivement, sexe et mort encore une fois. Les robots sont restés à la maison par contre. Nous avions avant tout le désir d’un album où nous étions tous très impliqués et où nous jouions tous ensemble en tant que groupe plutôt que d’essayer de pondre quelque chose individuellement et de retravailler les pistes en studio. Nous arrivions sur place et pratiquions le matériel ensemble en peu de temps, question de capturer un sentiment plus organique, plus riche. Du même coup, ça nous a permis de s’améliorer à jouer ensemble et de faire sonner le tout comme une performance live, une expérience plus près de la réalité.
Cherchiez-vous à faire une déclaration politique avec un tel titre?
Pat: J’espère que ça l’est. Nous sommes en recherche constante de moyens pertinents afin d’émettre un discours. Nous sommes très bons dans les contrastes. Ou peut-être pas non plus. Quoi qu’il en soit, nous aimons beaucoup jouer sur le contraste entre le personnel et le politique, que les deux se relancent. Et je crois que l’album reflète très bien ces deux thèmes. Donc oui, bien sûr, nous cherchons à émettre un commentaire politique. Cela se fait naturellement en vivant dans le monde actuel et nos croisades personnelles dans celui-ci.
À l’écoute de l’album, on croit entendre une version plus adoucie de ce que vous faisiez jusqu’ici. Cherchiez-vous à aller vers quelque chose de plus calme, de plus nuancé, musicalement aussi?
Evan: Nous voulions nous distinguer du travail précédent. Cette fois, nous voulions quelque chose de moins… compliqué. Les fois précédentes, nous avions un nombre incalculable de pistes avec lesquelles composer. Là, nous voulions avoir moins de pistes, moins d’instruments, capter plus spontanément, de façon plus aérée, laisser plus d’espace à la musique. Bref, retourner à l’essentiel: les textes, les mélodies. Moins d’ornements qui écrasent les morceaux. On voulait jouer la chanson puis voilà, c’est fait. Sans orchestre ajouté, sans chorale, juste l’esprit du band, le plus direct possible. On modifiait à peine après coup.
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