2 octobre 2007
Yanick Klimbo Tremblay
Il fallait que je me grouille d’ingurgiter mes sushis car j’avais une entrevue téléphonique à faire. La bouche pleine de makis et de wasabi, j’ai terminé mon Pepsi d’une lampée, question de pouvoir faire descendre le tout et attraper au vol le téléphone pour discuter avec Jonathan Painchaud de son deuxième album solo, Qu’on se lève.
Tu as fait une campagne de promotion hors du commun. Peux-tu nous en parler?
Nous avons pratiquement fait le Québec au complet! Nous avons loué deux avions et nous avons fait le tout en 48 heures. C’était débile parce que ce n’était pas seulement de faire les radios, c’était vraiment des lancements. On montait des petits concerts de cinq chansons.
Pousse, pousse, c’est en relation avec ce que tu vois au gymnase?
J’aime bien observer les gens et m’inventer un genre d’histoire à leur sujet. Je me demande: “c’était quoi leur vie avant qu’ils n’embarquent dans mon champ de vision et après en être sorti, qu’elle sera-t-elle?”
Tu as 33 ans. Est-ce qu’une pièce comme Les vieux chums s’adresse aux gars dans la trentaine?
Étonnamment, tu serais surpris du nombre de personnes dans la vingtaine qui me disent qu’elles se sentent interpellées par le texte. Du monde dans la vingtaine qui ont commencé le cégep dans une autre ville et qui ont tout laissé derrière eux, la jobine, les amis, la famille et la blonde. T’as des flashs d’ennui quand tu es dans ton appartement au loin. Ils ne revoient les vieux chums qu’au congé de Noël ou de Pâques.
Es-tu nostalgique de ton adolescence et de ta vingtaine?
Non. C’est une belle période de ma vie. J’ai apprécié cette période, vraiment, mais je n’ai pas cette nostalgie malsaine qui dit que c’était mieux dans le temps, tu comprends? Je m’ennuie de certaines choses mais ce n’est pas de la tristesse.
Le kid, est-ce une rencontre avec un musicien de la rue de Québec?
Non. C’est moi le kid. C’est mon histoire. Jouer dans les rues de Québec, c’est dans cette ville que j’ai fait mes classes! Terrasse Dufferin, près du Château Frontenac, ou la Porte St-Jean, près du Capitole.
Avec des touristes japonais et leurs appareils photo.
Mais ils ne me donnaient jamais une estie de cenne!
Joues-tu des chansons d’Okoumé en concert?
Oui. C’est du moitié-moitié. J’ai un bon catalogue de chansons maintenant et je peux me permettre de piger dans le tas. Il faut que je te dise qu’au début, quand j’ai commencé en tant qu’artiste solo, les gens me percevaient comme étant «le gars qui était dans Okoumé». J’avais à le vivre et j’étais identifié, dans un sens, au groupe. Aujourd’hui, je suis bien zen avec le fait que j’ai fait partie d’un groupe assez populaire. Je ne suis plus sur la défensive et je vis bien avec tout ça, y’a pas de doute!
www.jonathanpainchaud.com