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PODCASTS

Reportages et entrevues
2 octobre 2007
Dominic Tardif

Dire de Geneviève et Mathieu qu’ils proposent des chansons hors norme relève presque de l’euphémisme. Textes déjantés et musiques minimalistes à saveur kitsch sont à la source de cette épithète qui leur colle à la peau depuis leurs débuts. Formé en 1999, c’est aujourd’hui leur longévité qu’on qualifiera de hors norme dans le paysage de l’indépendance où les groupes viennent et s’en vont parfois plus rapidement que les saisons, d’autant plus lorsqu’il est question d’un duo d’amoureux dont les pénates sont plantés à Rouyn-Noranda, Abitibi. Leur troisième album, Rouge-gorge, sur étiquette Proxenett, marque un tournant dans la (pas si) courte histoire de Geneviève et Mathieu.

Tournant, du moins de l’avis du journaliste. Geneviève (Crépeau), elle, n’est pas du tout convaincue que leur passage dans le giron Bonsound les fera connaître d’un plus grand public. «J’ai hâte de voir ce que ça va donner», nous confie-t-elle. Rejointe peu avant la sortie de Rouge-gorge en magasin, la chanteuse à lulus avouait avoir hâte de présenter en concert les chansons qu’elle compose depuis deux ans avec son partenaire et nouvel époux (ils se sont mariés lors de leur concert à la dernière édition du FMEAT), Matthieu (Dumont). «Je suis super contente d’avoir enfin trouver mes musiciens», lance-t-elle en insistant sur le mes, comme une mère parlant de ses enfants. Ses musiciens, ce sont Benoit Lavergne, connu des fans de Gwenwed sous l’alias Ben La Rocket, à la basse et Ponto Paparo, singer-songwriter (c’est ainsi que Geneviève le décrit) d’expression anglaise, bien connu des Abitibiens, qui agit pour Geneviève et Matthieu à titre de batteur. Est venu s’ajouter à cette section rythmique toutes étoiles le très occupé Thomas Augustin (Malajube, Jacquemort) qui a traversé la réserve faunique La Vérendrye pour enregistrer quelques pistes de claviers dans un studio du lac Fortune, non loin de Rouyn-Noranda, où le chalet de Geneviève et le studio où a été réalisé Rouge-gorge sont tous deux situés.

Il n’est pas surprenant que dans la vie de tous les jours Geneviève et Matthieu soient à la tête de l’Écart, un centre d’art actuel sis sur la rue Murdoch, à deux ou trois pas du célèbre Cabaret de la dernière chance. Tous deux diplômés de l’université en arts, lui de l’UQAT, elle de l’UQAM, leur approche relève davantage de la performance. «L’envie de faire un pestacle» est de l’aveu même de Geneviève le moteur principal des concerts iconoclastes de la formation. La performance a d’ailleurs été la porte d’entrée de Geneviève dans le monde des arts. Elle s’y intéresse d’ailleurs toujours, l’Écart tenant une biennale d’art performance. Pour Geneviève, arts et régions ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Elle prétend que contrairement à Montréal, «on ne perd pas de temps à Rouyn, j’aime Montréal, mais pas pour y vivre tout le temps. C’est plus facile d’avoir de l’argent pour des projets en région. Matthieu a pu devenir directeur artistique à 21 ans, ce qui aurait été impossible à Montréal.» On ne sait pas finalement s’il faut leur souhaiter un succès fulgurant, car Geneviève et Matthieu devraient quitter Rouyn-Noranda et en parlant avec Geneviève, on ne peut que conclure que ça ne fait pas partie de leurs souhaits.

www.genevieveetmatthieu.ca

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