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Reportages et entrevues
Ils travaillent ensemble depuis un an seulement et déjà un premier album paraît ces jours-ci. Les rappeurs Def3 et Moka Only représentent ce que le Canada anglais a de mieux à offrir pour le hip-hop. D’abord connu pour avoir été un membre du collectif de la côte Ouest Swollen Members, Moka Only est un pionnier dans le milieu avec plus d’une trentaine d’albums à son actif. Sur ce nouvel album intitulé Dog River, il jumelle ses efforts à ceux du jeune rappeur de Queen City en Saskatchewan, Def3, un champion de skateboard et fondateur de l’étiquette Ship Records. Et pourtant, c’est le même Moka qui mentionnait en entrevue être un mauvais coéquipier. «Je trouve que cet album est bon notamment parce qu’il nous a mutuellement permis de nous sortir de nos trucs réguliers», mentionne Def3 au bout du téléphone. Quels souvenirs demeureront de la production de cet album? «C’est définitivement l’enregistrement le plus amusant que j’ai fait jusqu’à présent! Moka est vraiment un bon gars, très drôle, et nous n’avons pas eu l’impression qu’on travaillait une seule seconde.» Il a toujours travaillé sans grands budgets. Est-ce que les plans changent maintenant que le Conseil des Arts de la Saskatchewan lui octroie des subventions? «C’est évident que j’ai accès à plus de ressources maintenant. Je vais m’assurer de faire une mise en marché adéquate pour mes albums. Je vais aussi pouvoir me concentrer davantage sur la musique que sur les affaires et je vais faire de plus gros projets.» Et pourquoi l’idée d’avoir sa propre étiquette? «Souvent les artistes, et plus particulièrement les rappeurs, pensent qu’ils peuvent devenir célèbres en restant assis. J’ai préféré apprendre comment ça fonctionnait, connaître les étapes de production. Même si on me proposait un gros contrat, je ne le prendrais pas. J’aime devoir faire de tout pour y arriver. C’est demandant, mais au bout du compte, tu en retires les bénéfices.» La scène hip-hop québécoise se bat depuis toujours pour avoir un peu de reconnaissance des médias grand public. Est-ce que la situation est la même en Saskatchewan? «Je dirais que ça s’améliore et j’aime penser que j’y ai contribué. Je crois cependant que le manque de support est à la grandeur du pays. On doit absolument ouvrir les horizons pour aller chercher davantage de fans. Le problème vient du fait que nous ne sommes pas tellement nombreux. Nous sommes 200 000 personnes à Régina. Si 2-3% d’entre eux sont des amateurs de hip-hop, le nombre demeure tout de même faible… J’essaie de faire la musique la plus honnête possible en espérant que ça plaise au plus grand nombre.» Dog River débute avec la phrase «I don’t write raps for the dancefloor». Avec un hip-hop aussi senti, tant dans la production que dans les textes, quoi penser des chansons de clubs de rappeurs comme Timbaland ou 50 Cent? «Je respecte vraiment leurs productions. Curieux par exemple que personne dans leur entourage ne soit laid. J’ai l’impression que ça devient plus une question de ce à quoi tu ressembles et non pas ce que tu es. Ce n’est pas moi ça.» Venant d’un gars élevé sur un bateau, en voyage à travers le monde, on le croit.
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