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2 octobre 2007
BangBang

On se l’est fait dire au cégep: la poésie, c’est une question de rythme, de sonorités, d’oralité. C’est fait pour être lu à voix haute. Eh bien, Claudine Vachon l’a compris. Elle signe un recueil, À l’oral ou à l’oreille, qui nous invite dès la préface à mettre en œuvre les enseignements si chers à nos instituteurs. Ses poèmes sont de véritables monologues parfois rigolos, comme dans Tu pètes, ou touchants comme Allons luncher dont voici un court extrait pour vous donner le ton:

Viens, allons luncher
Sous le soleil de midi
Faire frire nos yeux dans la lumière dorée
Viens allons dégêner sous l’herbe
Humecter notre pudeur d’un peu d’impatience
Viens à l’ombre de nos regards en fleurs
Mijoter une sauce
Sous le couvert de nos paupières roses

On trouve aussi certains poèmes en deux versions, celle écrite sur papier et celle performée par l’auteure lors d’événements réels dans laquelle elle insère ses sensations et les réactions de la salle. Par exemple, une des versions performées se termine par «maudit silence / c’est la finale / leur fait signe que j’ai fini / pas sûre». C’est une jolie trouvaille qui rappelle parfois les didascalies de l’écriture dramatique, «air sérieux, la gorge sèche», et qui installe une connivence entre le lecteur et l’auteure-interprète. Claudine Vachon manie la langue parlée avec doigté et nous offre une poésie qui, loin de se contenter d’être lue, sait se fait entendre. (Candide Proulx)

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