1 septembre 2007
Alexis Charlebois-Laurin
«Hum… Je n’ai pas vraiment de maison parce qu’on tourne tellement» est la première chose que Will Sheff, frontman de la formation originaire d’Austin, Texas, qui tire son nom d’une nouvelle de l’auteure Russe Tatyana Tolstaya, me dit alors qu’il se trouvait quelque part à Brooklyn. Le groupe indie folk qui vient de faire paraître The Stage Names, son quatrième album en six ans, sera de passage à Montréal le 23 septembre prochain.
Dirais-tu que The Stage Names est plus pop, plus catchy, plus accessible ou tout simplement votre meilleur album?
Je crois que c’est notre meilleur album. Je crois qu’il y est définitivement plus pop que ce que nous avons fait auparavant et c’est ce que nous voulions. On a beaucoup réfléchi à la musique pop que nous aimions et la majorité venait de la période Motown, des débuts du rock’n’roll et du style garage des années 60. Alors on a pensé à ces albums qui ont un sens de générosité musical envers leur public et c’est vraiment ce que nous voulions faire avec ce disque. J’ai vraiment hâte de partir en tournée et de le jouer live.
Virgin/EMI a récemment mis fin à votre contrat pour l’Europe. Comment s’est passée votre relation avec un major?
On a été sur Virgin/EMI en Europe pendant moins d’un an. Ils nous ont droppés pratiquement au moment où nous mettions la touche finale au dernier album sans même l’avoir entendu. J’imagine qu’ils ne voulaient plus travailler avec nous. Mais en fait je suis content. Je ne crois pas que ça nous a nécessairement aidés de travailler avec un major. Nous voulions essayer parce que nos albums ne se sont jamais vraiment rendus en Europe mais ça n’a pas nécessairement été plaisant. Alors je ne suis pas trop certain de ce que je pense à propos d’être sur un major à nouveau dans le futur.
Es-tu contre?
Je suis contre en partie. Si nous étions gros, ce serait peut-être différent mais le fait d’être un petit groupe sur un major, je veux dire, tu n’es rien pour eux. Ils n’ont aucune raison de se soucier de toi, de faire la promotion de ton groupe. Alors je crois que c’est un peu absurde pour un petit groupe d’y aller avec un major parce que tu deviens tellement vulnérable. Tu leur donnes tellement de contrôle sur ton groupe. Particulièrement à une époque où l’industrie de la musique est si instable et en période de transition.
Puisque tu es sur le sujet, qu’est-ce que tu crois que les labels devront faire de spécial pour continuer à vendre des disques?
Je crois que justement Jagjaguwar, notre label, est assez bon pour ce qui est de sortir un produit qui va être attirant pour les gens. Mais c’est clair qu’il y a un autre côté plus épeurant. C’est dur d’imaginer que les albums tels qu’on les connaît aujourd’hui vont exister pour encore très longtemps. Je crois que dans 10-15 ans, les gens vont seulement acheter des chansons. Ça fait peur surtout pour un groupe qui essaie de faire un certain profit avec sa musique. Mais en même temps, tu ne peux pas le contrôler. Tu peux juste travailler dans le présent en fonction de ce que sera le futur. Mais je crois que Jagjaguwar est assez brillant de ce côté. Ils veulent vraiment rendre spéciaux les albums qu’ils sortent pour les rendre unique et ils se soucient aussi particulièrement du fait que les fans se sentent en contact avec leurs groupes.
www.okkervilriver.com