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PODCASTS

Reportages et entrevues
1 août 2007
Stéfane Campbell

Une fois de plus cette année, alors que l’on aurait pu s’imaginer que le Warped Tour ait mis une croix définitive sur le hardcore/street punk, on nous balance en pleine gueule les stridents Unseen. Sorti des rues de Boston et traînant sa musique aux quatre coins du globe depuis maintenant 13 ans, le groupe lançait le 10 juillet dernier un sixième album (et une flopée de EP), Internal Salvation, et sera à nouveau du line-up au parc Jean-Drapeau le 12 août prochain.

Quatorze années maintenant et le temps est venu pour une remise en question. «Il y a certainement quatre pièces sur l’album qui traitent très clairement de la vie de tournée, d’être musicien, très souvent loin de la maison. Question de remettre les pendules à l’heure: où en sommes-nous? Est-ce que tous les efforts en valent réellement le coup?», nous apprend Mark Unseen, chanteur et parolier du groupe. Essoufflement, vous dites? «Ça devient très difficile par moments, certes, et on en ressort fauchés encore aujourd’hui mais bon, c’est surtout la recherche d’un équilibre entre la vie de musicien et celle de tous les jours.»

L’album ne traite toutefois pas strictement du nombril du musicien, loin s’en faut. Étant reconnu pour des textes souvent très politisés, il assène encore une fois ici quelques flèches dûment lancées. «Nous n’attaquons pas les institutions ou les instances gouvernementales de façon directe cette fois-ci. Tu sais, quand Gwen Stefani et U2 font des chansons anti-Bush, ça sature un peu le concept. Évidemment, c’est bien de rejoindre des audiences à plus grande échelle, mais on mise ici sur la vente d’albums bien avant la propagation d’un quelconque message. La tendance anti-ceci anti-cela est devenue un gros cliché, une farce».

Il y a volonté d’émettre un commentaire social, oui, mais plus global. «Des titres comme The Brutal Truth ou encore Right Before Your Eyes partent de l’idée d’être conscient des désastres qui se déroulent à travers le monde. Oui, il y a les guerres mais il se passe quelque chose de beaucoup plus grand que les conflits politiques et religieux. Des désastres qui surpassent l’humain lui-même. C’est de cela dont il est plus question et surtout du sentiment d’en être le témoin silencieux, ne sachant trop comment réagir. La technologie et l’homme ont définitivement été trop loin, c’est maintenant plus qu’officiel et le sentiment de rage, de réaction n’en est qu’accentué».

Et avec cette rage, ne vient-il pas un sentiment de redite? Comme tant de groupes punk-hardcore-street-…, est-ce un souci pour le groupe d’un album à l’autre? «En fait, je crois que nous savons reprendre là où nous avions laissé entre chaque album. Et celui-ci m’apparaît poursuivre dans la même lignée.» Et ce, bien que certains fans de la première heure rechignent sur le son plus produit des derniers albums? «Oui, nous voulons devenir de meilleurs musiciens, avec de meilleurs équipements, et une meilleure réalisation. Nous n’en sommes pas moins hardcore pour autant.» Nouveaux détours, mêmes vieilles querelles.

www.unseenpunks.com

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