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Reportages et entrevues
1 août 2007
Stéfane Campbell

Homesick. Voilà le sentiment à la souche de la musique de Flogging Molly. Malgré tout, le combo punk rock irlandais, avec à sa tête Dave King, issu de Dublin et exilé à Los Angeles depuis une vingtaine d’années, ne veut pas tomber dans le trop fier-à-bras esprit du combattant celte mais plutôt chercher à transmettre son amour des sons traditionnels irlandais, «surtout après les concerts donnés là-bas, en constatant à quel point les plus jeunes générations ne semblaient pas le moindrement intéressées par leurs racines, de déclamer Bob Schmidt, joueur de mandoline et banjo au sein du groupe. Le fait de leur faire découvrir que la musique traditionnelle pouvait aussi être cela devenait très intéressant.»

Du coup, le groupe ne se contente pas d’honorer ses racines mais aussi ses influences marquantes comme en témoignent deux des pièces qui composent son dernier album complet [et de loin le plus achevé] à ce jour Within A Mile Of Home. Sommité, vous dites? Lorsqu’il est question de Johnny Cash et de Joe Strummer, force est de s’incliner. «À un certain point, l’idée est devenue incontournable. En voyant à quel point il est facile de devenir une caricature de soi-même en musique aujourd’hui, nous avons eu le besoin de nous tourner vers ceux qui ont pavé le chemin pour nous. Cash et Strummer ont jeté les bases de la musique, oui, mais aussi de l’attitude rock’n’roll – they didn’t give a fuck what they were being told. Ils ont fait ce qu’ils avaient à faire, tout simplement. Ils incarnent ce qu’est la musique à nos yeux et ils se sont probablement éteints sans regret, ayant dit tout ce qu’ils avaient à dire.»

Signe de maturité (sic) ou prémices vers des eaux plus tranquilles, le groupe lançait en début d’année Complete Control Sessions, exclusif à iTunes, EP incluant deux nouvelles pièces ainsi que des reprises acoustiques de matériel déjà connu. «La maturité est trop facilement associée au son et au type de production acoustique. Je ne sais pas si nous sommes plus matures mais je crois que l’enregistrement démontre que bien que nous soyons catalogués dans le punk rapide et furieux, le matériel peut très bien s’adapter à un autre genre, plus relax, sans perdre son essence.» Un besoin de s’éloigner des grandes lignes. «Quand tu fais un certain genre de musique, les gens ont des attentes très précises et ça peut devenir étouffant avec le temps. Tant que l’on ne se perd pas de vue, tout demeure possible.»

Une ouverture qui mène incidemment à des collaborations notoires, Lucinda Williams pour ne pas la nommer. «Cette pièce [Factory Girls] est superbe. Nous ne savions pas vraiment à qui faire appel pour y participer et n’aurions jamais cru possible la faire avec elle. Le producteur de l’album la connaissait très bien, elle a écouté les tracks et puis voilà.» Comme quoi les rencontres improbables donnent souvent fruits à des résultats pour le moins surprenants. Et quand Flogging Molly se gâte, le résultat est payant.

www.floggingmolly.com

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