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Reportages et entrevues
Il aura fallu onze années au groupe Big D and the Kids Table pour enregistrer un premier album complet, Strictly Rude. Onze années à aiguiser son ska festif à travers les clubs de Boston, des États-Unis et par-delà, selon les règles de l’art du DIY, éthique très chère à la formation – école punk oblige. Mais voilà, un premier album studio, enregistré et distribué sur SideOneDummy de surcroît. «L’étiquette parfaite pour nous, on ne sent pas ce côté “marchandage de la musique”. L’équipe est relativement petite [une dizaine d’employés] et ils travaillent tous de façon très serrée avec les groupes qu’ils hébergent.». Surtout en sachant que le label a approché le groupe après avoir vu la rigueur et l’acharnement avec lequel chacun des membres était impliqué dans tous les aspects du groupe, tant au niveau musical que, ironiquement, du côté marketing de la chose. «Il nous a vus au Warped de 2005, attirant souvent une plus grande foule que les grosses scènes, et il a été impressionné.» D’autant plus que le ska a connu ses heures de gloire dans la deuxième moitié des années 90 pour être relégué au rancart par la suite – pour ce qui est du mainstream, va sans dire. «Une époque qui était bien bonne mais qui est devenue à un certain moment une grosse blague. Et bien sûr, ç’a donné des groupes et un son plus ou moins pertinents. Le ska n’est pas fait pour la grande écoute. Il s’adresse à un public averti qui comprend les racines du genre. La musique est festive, mais elle n’est pas quétaine pour autant.» La formation reste donc très upbeat dans son exécution mais aborde tout de même des sujets plus sérieux sur le nouvel opus, comme la pièce Hell On Earth, appel ultime à la tolérance envers la différence. «C’est une pièce qui n’émet pas de position claire autant que d’illustrer les exemples flagrants de l’absurdité de certaines écoles de pensée. Je crois sincèrement que le simple fait d’être confronté aux grandes lignes de celles-ci dessert souvent plus la cause que de tomber dans la morale exacerbée.» Car le groupe ne veut surtout pas tomber dans le piège de «l’anti» surabondant dans la scène. «J’ai trop vu et entendu le terme “anti” pour le prendre au sérieux. Ça prend plus qu’un patch sur un blouson pour mettre une échelle de valeur en pratique. Et il faut se lever et agir, point. La musique ne change pas le monde (sic). Je ne suis pas naïf à ce point, mais elle peut tout de même contribuer à faire bouger les choses.» Noble espoir. Une chose est sûre: si les choses ne bougent pas à la vitesse désirée par certains, ils peuvent toujours se pointer à un spectacle de Big D pour ce qui est de bouger. «L’esprit du groupe se déploie lors des concerts. La fête, la danse, c’est une musique qui se veut avant tout positive, pas dans le sens cliché du terme, mais il y a tellement de musique dépressive. Nous ne voulons rien imposer à personne, nous voulons tout simplement qu’ils aient une fête dont ils vont se souvenir.» Appel à tous. www.bigdandthekidstable.com
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