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PODCASTS

Reportages et entrevues
1 juin 2007
Philippe Papineau

Un Juno en poche et une victoire aux Francouvertes avec la formation Mimosa derrière la cravate, le touche-à-tout Antoine Gratton entame le premier droit d’une résidence de douze concerts au Verre Bouteille. Bang Bang en a discuté avec lui.

Nettoyer les écuries d’Augias? Descendre aux Enfers et en rapporter Cerbères? C’aurait été drôle, mais ces tâches ne feront pas partie des 12 travaux d’Antoine Gratton. Le multi-instrumentiste propose plutôt aux Montréalais une douzaine de concerts au Verre Bouteille tous les deuxièmes dimanches du mois et ce, jusqu’en avril 2008. S’il a déjà complété sa première besogne au mois de mai, il reprendra le taureau par les cornes le 10 juin.

«Ce qui est cool avec ce concept des 12 travaux, c’est que le show est différent chaque fois, explique Gratton. On change les instruments, les musiciens et surtout on change les invités». Lors du premier «travail», l’auteur-compositeur-interprète a concocté une soirée piano versus piano avec Yann Perreau, Florence K. et Manuel Gasse. Déjà, quelques artistes ont confirmé leur intérêt pour les prochains spectacles, dont Patrick Watson, Damien Robitaille, Karkwa et Coral Egan. «Des fois, tout se décide sur un coup de téléphone le jour même, des fois y’aura des répétitions. Ce sera un jam contrôlé!»

Pour la soirée du 10 juin par exemple, Antoine Gratton a déjà dû changer ses plans. «J’étais supposé faire un concept all-girls, un peu plus soft, mais mon bassiste a décroché un gros contrat à Los Angeles pour finir l’album de Bran Van 3000. Alors je pense que je ne ferai pas de piano et je vais jouer à sa place. Et je vais inviter des guitaristes, faire un show plus rock.» Comme quoi le chat Gratton retombe toujours sur ses pattes.

La petite salle du Verre Bouteille, avenue du Mont-Royal Est, le créateur de Montréal Motel et d’Il était une fois dans l’Est la connaît déjà bien. «Je joue là régulièrement depuis un peu plus d’un an, à intervalles réguliers, soit avec mes shows, soit avec les gens que j’accompagne, raconte celui qui a déjà travaillé avec Stephen Faulkner, Éloi Painchaud, Véronique DiCaire et Alexandre Belliard. C’est vraiment rendu comme un feu de camp, tout le monde est assis sur les tables, sur le bar, et ça chante!»

Ça ne change pas le monde sauf que…
Tant qu’à l’avoir au bout du fil, parlons-lui de sa victoire inattendue aux Juno dans la catégorie meilleur album francophone. Il tente une explication pour ce gain devant les «gros» vendeurs que sont Malajube, Pierre Lapointe, Ariane Moffat et Vulgaires Machins. «Les jurys de l’industrie ne se basent pas sur les ventes d’albums ou sur la couverture médiatique, mais sur les disques eux-mêmes. Aussi, je pense que ma musique avait peut-être un petit quelque chose qui plaisait plus aux Canadiens anglais.»

Si cette victoire lui a redonné le moral, elle lui amène aussi beaucoup de boulot sur les planches, tellement qu’il a dû délaisser certains contrats. En ce moment, il bosse sur l’orchestration d’un show rock symphonique, avec l’OSM, Claude Dubois, Marjo et Les Respectables. Puis, tout en jouant avec la formation Mimosa, gagnante des Francouvertes 2007, il songe déjà à son troisième album, pour lequel il entrera en studio à l’automne.

Et les ventes, ont-elles grimpées à la suite de sa victoire? «On m’a dit que ç’avait eu un impact. Mais à la quantité que je vends, c’est pas comme si je voyais une cenne de ça anyways. Moi je fais des shows, je fais de la musique, j’attends pas que le cash rentre, je le fais rentrer!»

www.antoinegratton.com

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