1 mars 2007
Yanick Klimbo Tremblay
Le café me relaxe. Liquide des dieux aztèques ou fluide énergisant des Cheikhs d’Arabie, je m’en balance car ce breuvage est délicieux! Cet élixir me procure allégresse, joie, réconfort et des belles taches brunâtres sur mon émail dentaire. L’album At the soundless dawn du groupe américain Red Sparowes me procure les mêmes sensations décrites plus haut, à l’exception, sans contredit, du brunissement prématuré de mes jolies dents. J’ai obtenu les réponses à mes questions de Greg, membre du quintette instrumental.
BB: Votre dernier album At the soundless dawn est tout simplement magnifique. J’aime bien l’atmosphère créée par les guitares. Que pensez-vous de l’étiquette, facilement apposée, de post-rock à laquelle on réfère le groupe?
Greg: Je crois que la meilleure manière de décrire Red Sparowes, sans faire de références à aucun autre groupe, serait de dire que nous jouons du rock aux textures variées et épiques. Nous adorons jouer avec les dynamiques sonores et repousser les frontières de la musique le plus loin possible.
BB: Le chemin pavé par des groupes tels que Godspeed You! Black Emperor et Mogwai doit vous avoir aidé dans un certain sens?
Greg: Il est certain que les deux groupes que tu as mentionnés ont aidé la cause de la musique instrumentale. Cette question nous revient souvent, mais les gens doivent absolument savoir que la musique instrumentale existe depuis déjà belle lurette! Je crois que nous sommes beaucoup plus influencés par les créateurs du genre comme Pink Floyd ou Goblin. Mais il n’y a aucun doute que les artistes que tu as nommés ont ravivé l’intérêt envers ce genre de musique et cela nous a permis justement d’atteindre un plus grand public en plus de nous influencer sur le plan musical.
BB: Les titres de vos chansons sont vraiment très longs. Est-ce pour compenser pour le fait qu’il n’y ait pas de paroles dans vos pièces ou pour raconter, un peu, une histoire?
Greg: Les deux! Nous savons que bien des gens ont besoin d’un point de repère pour pouvoir se sentir en relation avec la musique et les titres de nos chansons fournissent justement une histoire. Les gens peuvent alors identifier l’histoire en relation avec l’esthétique de notre musique.
BB: Pouvez-vous nous parler de votre relation avec Neurot Recordings, qui est une compagnie appartenant aux membres de Neurosis?
Greg: Cette compagnie est vraiment une famille et nous sommes vraiment fiers d’être un des membres. Nous avons tous grandi en écoutant des groupes qui sont sur cette étiquette, incluant bien sûr Neurosis. Donc, nous étions très excités qu’ils nous demandent justement de faire partie de leur équipe d’artistes. Josh Graham, qui joue de la guitare dans Red Sparowes, est le concepteur visuel de Neurosis. Il y a donc un lien direct ici!
BB: Quelques membres de Red Sparowes proviennent d’autres groupes. Pouvez-vous élaborer là-dessus?
Greg: Il y a Bryant qui joue dans ISIS. Il a un autre projet parallèle qui se nomme The Gersh. Comme je disais, Josh est concepteur visuel de Neurosis et il est aussi dans le groupe Battle of Mice. Moi, j’ai joué dans Halifax Pier et je suis en train de monter un projet intitulé The Wrong Side of Death Mountain. Dave a joué dans Pleasure Forever, VSS et Slaves. Andy, lui, a joué dans Angel Hair. Ce sont les groupes les plus connus auxquels nous avons participé, mais nous avons touché à plein d’autres projets durant les dernières années.
BB: Comment est la scène en Amérique en ce moment pour un groupe comme le vôtre?
Greg: C’est fantastique! Nous sentons que nous avons été accueillis par des tonnes de personnes qui proviennent de différents sous-groupes musicaux. Écoute, ce fut merveilleux de pouvoir être en tournée avec Dillinger Escape Plan et ensuite jouer avec un groupe comme Grails. Ce qui était intéressant, c’est que leur public respectif était réceptif et enthousiaste. Nous n’avons jamais eu d’attentes précises envers Red Sparowes, mais nous sommes très heureux que les choses puissent aussi bien aller.
BB: Crois-tu que les médias nord-américains donnent trop d’importance à la nouvelle vague de métal américain? Ici, les festivals réunissent des groupes qui ont tous environ la même sonorité tandis qu’en Europe. Après le passage de la tornade Dimmu Borgir, on va avoir droit au calme d’Anathema. On ne retrouve pas ce mélange hétérogène lors du Ozzfest ou du Sounds of the Underground. Croyez-vous que c’est un phénomène lié aux tendances actuelles qui prennent le dessus sur la musique de qualité?
Greg: Je crois qu’en général les médias de masse populaire portent attention à ce qui est le plus tendance, ce qui est le plus accessible, donc ce que les gens veulent bien entendre ou voir. Le fait que le festival Ozzfest retienne beaucoup l’attention des médias nous indique que le métal est en pleine explosion de popularité probablement parce que le métal justement offre moins de challenge. C’est la culture populaire! Est-ce une honte? Ce qui est beaucoup plus honteux pour moi, c’est que de moins en moins de gens sont proactifs envers la découverte musicale. C’est désillusionnant que 99% de l’industrie musicale ne soit basé que sur le seul profit monétaire et non pas sur la qualité du produit offert! Mais de l’excellente musique, il y en a! Il ne reste aux gens que de prendre le temps de la découvrir, en cherchant un peu!
BB: Qui est vraiment derrière l’idée du projet Red Sparowes? Est-ce un jam entre amis, une idée commune?
Greg: Josh, Cliff et moi avons débuté le projet il y a quelques années avec Jeff Caxide et Dana Berkowitz. Ensuite, Jeff et Dana ont déménagé à New York et nous les avons remplacés par Andy et Dave. Le groupe a vraiment débuté comme des copains qui jouent ensemble pour le plaisir. Nous ne pensions nullement que nous étions en train de monter un groupe de manière «sérieuse». Par la suite, tout est devenu naturel et les choses ont progressé naturellement!
BB: La musique peut être interprétée différemment de personne en personne. Si je vous dis par exemple que je mets At the soundless dawn en écoute lorsque je reçois des gens pour souper, mais que quelqu’un d’autre met le même album lorsqu’il fait son jogging, est-ce que vous trouvez cela étrange? Lorsque des amateurs vous approchent, que vous disent-ils au sujet de votre musique?
Greg: C’est justement le point majeur, c’est ce que nous faisons! Nous espérons que les gens vont jouir d’une expérience personnelle avec l’album et que l’écoute du disque leur offre quelque chose de personnel. Les gens ont tous des expériences différentes. Je ne peux pas vraiment te confirmer ce que les gens me disent vraiment. C’est une question très difficile à répondre, car la musique est justement une forme d’expression des sentiments que l’on ne peut pas exprimer en mots, tu vois? Chaque personne interprète la musique à sa manière! Mais je peux te dire que pour nous Red Sparowes est un moyen d’expression qui canalise ce qui se passe dans nos esprits et dans nos cœurs. C’est notre moyen d’exprimer les choses que nous ne pouvons, peu importe la raison, écrire ou dire ou crier ou n’importe quoi d’autre!
Red Sparowes sera en spectacle le 18 août au club Lambi. L’album At the soundless dawn est disponible! Procurez-vous-le et tirez votre propre opinion à son sujet… Est-ce un disque pour souper, jogger ou se couper les ongles d’orteils? La balle est dans votre camp!
www.redsparowes.com