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Disques
Migratoire/LOCAL Jacques Bertrand Junior erre depuis des années dans les (un) bar(s) de Montréal les cheveux en fouillis, la barbe mal rasée et les yeux cachés derrière ses rondes lunettes de soleil. Son groupe, tout aussi énigmatique, laisse planer son ombre sur le paysage musical québécois sans jamais s’installer. Et tout comme les personnages, éternels marginaux, le disque est tout croche – décalages rythmiques, hésitations, erreurs de notes – mais oh combien attachant. La voix de taverne du chanteur (sur laquelle vivent probablement toutes les compagnies de cigarettes et de bières du Québec!), éraillée et colorée par ce léger accent qui rappelle la Belgique, distorsionne et s’emporte sur des musiques rock garage et chanson. On pense par moments à la collaboration Sunny – Cocktail, mais en plus trash. Et par d’autres, c’est la misère des nuits qui vient nous prendre au cœur – 56, Vacher. Cette dernière pièce est tout simplement l’apothéose du disque, qui se ferme sur l’improvisation d’une chorale de soûlons qui sent la fin de veillée. (AGP)
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