13 août 2008
François Gourd
«Lorsque le mensonge se coince dans votre tête et que vous y croyez, alors vous en devenez esclave.
Bien sûr il ne suffit que d’accepter ou de refuser, d’obéir ou de se faufiler, de se conformer aux règles du jeu ou de s’inventer un monde bien à nous.? Qu’avez-vous choisi ? Moi je me suis fait magicien pour votre plaisir, mais aussi pour m’enfuir. Toute ma vie j’ai créé des illusions et maintenant tout ce qu’il me reste c’est l’illusion que je vis.
«Vous serez logé, nourri. Allons, vous n’êtes plus jeune. On s’occupera de vous. Vous verrez, vous ne serez jamais seul. A la portée de la main vous trouverez tout, des médicaments, une infirmière, un médecin. Nous serons toujours là et puis dans votre chambre vous aurez droit à la télévision.»
Non, j’ai crié et je me suis enfui. Je veux vivre ma propre mort seul, sans pilule pour me faire croire à la vie éternelle. Je n’en veux pas de leurs hospices propres et sans microbes. Je les ai vu les autres pensionnaires et c’est dans le fond de leurs yeux que j’ai compris leur misère. Je suis vieux et je préfère la magie.»
J’ai écrit ce texte pour le spectacle Transport Mental en 1980. Plus tard, je ne voudrais pas me laisser enfermer dans un mouroir. Je partirai à la montagne afin d’y faire ma dernière marche, ma balade de Narayana.
Nous sommes les vieux de demain. Il nous appartient de changer les choses. Notre société moderne poussent les personnes âgées vers des gares de triages où elles vont attendre la mort. Nous sommes devenus sans cœur. Il faut nous révolter. Les vieux sont les sages qui pourraient nous conseiller.
Vivent les vieux est un projet né dans la douleur de vivre de notre plus meilleur pays au monde. Ce sera le cheval de bataille du parti Neorhino du Canada. Nous voulons que les vieux puissent terminer leur vie en paix. Nous demandons au Sénat canadien de nous aider dans notre action. La mort, comme la naissance, est un voyage important.
En lisant le livre de Marie de Hennezel : La Chaleur du cœur empêche nos corps de vieillir, on apprend que les vieux des pays riches ont une espérance de vie très élevée mais la plupart ont perdu le goût de vivre. Ils n’ont plus leur place dans nos sociétés modernes. Ils s’ennuient à mourir dans ces centres pour personnes âgées. «Si l’on veut permettre à une personne âgée de rester une «personne humaine» jusqu’au bout, il faut la traiter, comme on le fait pour les nouveaux-nés, avec respect, attention et tendresse. Il faut apprendre aux soignants à remettre en question toute la technicité apprise sans tendresse et sans présence.»
Notre société de consommation est bandée sur le culte de la jeunesse. La fiction du film Brazil est devenue la réalité. Le gens se font remonter le visage et ils vont bientôt avoir le nombril à la place de la bouche afin de pouvoir péter plus haut que le trou. Les gens ont peur de vieillir. Des jeunes femmes de 20 ans achètent déjà de la crème anti-ride. La peur de vieillir, la peur de vivre, la peur d’être nous-mêmes pousse les gens à se créer une image. Notre société malade est rendue à gaver les ados de Prosac et les enfants de Ritalin.
Dans plusieurs pays les personnes âgées sont intégrées à la vie. La vieillesse y est vénérée. Les vieux sont les sages qui aident les gens à régler les problèmes.
Au Québec nous devrions nous préoccuper de nos âinés, les aider à retrouver la paix de vivre et mieux soutenir financièrement les plus démunis.
Mon ami Armand Vaillancourt a 79 ans et est toujours actif. Il a le cœur jeune et très grand. À 72 ans, Jonas Slovanski part en bicyclette à chaque été, de juin à septembre. L’an passé il est allé faire le tour du lac St-Jean et est revenu à Montréal en pédalant. Relax, il fait 50 km par jour en écoutant son MP3 et en fumant son petit pétard.
En 1976 aux Iles de la Madeleine j’ai connu un couple de vieux qui élevait la fille de leur fils parti vivre à Chicoutimi. La petite suivait son pépé partout. Il lui apprenait tout sur la pèche, sur la mer. Je viens d’avoir 58 ans et là je dors.
La différence entre la jeunesse et la vieillesse : la première a quatre membres souples et un raide ; la seconde, quatre membres raides et un souple…..Jean Delacour