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Reportages et entrevues
L’événement graffiti est de retour pour une 13e édition, toujours au cœur du centre-ville de Montréal et malgré les années, ce n’est pas business as usual pour les organisateurs. Après quelques années fastes point de vue support commanditaires, l’organisation doit composer cette année avec un budget plus limité. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas innover et «vu qu’on a moins d’argent, on va en faire plus», dixit Sterling Downey, co-fondateur de l’événement et principal promoteur de ce week-end sous les bombes. En plus du légendaire dimanche d’août où plus de 200 artistes graffiteurs viennent recouvrir la ruelle Boisbriand et faire la fête aux Foufounes Électriques avec des breakdance battles, du skate et des DJ comme Kool Herc, les organisateurs présentent aussi un événement au Peace Park, le parc à côté de la SAT, salle où se déroulera le party du samedi. Mais pourquoi ajouter une journée? «On a tellement de demandes d’artistes pour jouer au party qu’on voulait leur faire la place. Y’en a beaucoup qui nous appellent pour nous offrir de jouer, pas payé, rien, mais on doit leur répondre que c’est pas possible, le bill est fait et y’a pu de place. Et ils le prennent mal, sont fâchés, pas parce qu’on ne veut pas d’eux mais parce qu’ils tiennent à jouer sur ce party. Avec le temps, c’est devenu un événement important dans la scène internationale du graffiti mais aussi du hip-hop. DJ Kool Herc, on l’engage pour une heure et il trippe tellement qu’il est là pour 3-4 heures. On lui offre de prendre un break, il répond toujours “no, no, later”. On a du monde qui s’arrange pour prendre leurs vacances pour pouvoir venir à Underpressure, qui viennent du Japon ou de France et on veut que ce monde-là puisse tripper Underpressure toute la fin de semaine. Fait que c’est un 2 pour 1. On a plus de place pour les artistes et plus de fun pour les visiteurs.» Et ce, avec une équipe de bénévoles renouvelée, plusieurs vétérans de l’événement ayant déclaré forfait cette année, dont l’incontournable Jordan, le double de Sterling selon le principal intéressé. «Tout le monde rêve d’avoir un clone, ben moi j’en avais un. On a tellement travaillé ensemble qu’on a fini par penser de la même façon, je passais des soirées à m’engueuler avec moi-même, genre. Avec lui, je savais que sa partie était bien gérée. Mais vu que ses affaires allaient très bien, je le stoppais un peu dans ses projets, il a décidé de s’en aller de son bord. Et c’est correct de même. Underpressure, c’est une école et c’est normal que tu quittes l’école un moment donné.» Moins de bénévoles d’expérience, moins d’argent, pourquoi continuer cet événement? «Flow et moi, on a parti ça en joke, comme des punks. On nous disait: “y’a pas de place pour un événement de même à Montréal, vous allez vous planter”. Fait qu’on s’est dit que c’était une bonne raison pour le faire. Au deuxième, c’était un peu plus sérieux, mais à peine, mais ça attirait du monde, ça faisait parler et sans s’en rendre compte on s’est rendu à 10 ans. Quand on a réalisé que ça faisait 10 ans, on était les premiers surpris et c’est là que j’ai commencé à envisager de le faire 20 ans. C’est maintenant mon but, qu’Underpressure fête ses 20 ans.» L’événement est indissociable du magazine du même nom qui a beaucoup fait pour la renommée mondiale de l’événement. Publié deux fois par année et distribué aux quatre coins de la planète dans les boutiques spécialisées, il est vite devenu une référence pour les artistes graffitis à travers le monde et le meilleur ambassadeur dont pouvait rêver Sterling. C’est sa carte de visite, son catalogue et sa bible. Et encore une fois cette année, une nouvelle édition verra le jour juste à temps pour le Underpressure 2008, avec un nouveau rédacteur en chef. Ici aussi c’est une école et Sterling préfère donner la chance à des jeunes qui autrement n’auraient jamais eu l’idée de travailler pour un magazine comme celui-là et avec un gars comme Sterling. Ce qui fait que le magazine est toujours fresh, la formule est sans cesse réinventée et garde la publication à l’avant-garde du milieu qu’elle dépeint. «Le milieu du graffiti évolue de plus en plus hors du cercle hip-hop et le magazine en est le reflet. On voit beaucoup plus de hardcore kids dans nos événements ou comme artistes et on en parle, on les montre. On a fait une compil hardcore l’année passée, les old schools ont un peu tiqués quand ils ont vu ça mais qu’est-ce tu veux?, il y a toujours du monde pour questionner ce que tu fais. Ça ne me dérange pas ben ben. Moi je viens du milieu punk et les premiers graffitis que j’ai faits, c’était des noms de bands punk. J’ai évolué vers autre chose avec le temps mais ça va toujours me rester. C’est pour ça qu’on laisse la porte ouverte à n’importe quel genre de monde qui s’intéresse à ce qu’on fait, c’est pas une clique ou une religion, n’importe qui, ou presque, peut fitter quelque part dans Underpressure.» Il faut quand même se prendre un peu d’avance, renommée oblige, parce que les spots pour peindre sont tous réservés et à moins d’être vraiment chanceux, vous ne pourrez pas exercer vos talents en vous présentant le jour même. Vous serez obligé, et croyez-moi il y a pire, d’être un simple spectateur du plus gros événement graffiti en Amérique. Mais si le bénévolat vous intéresse et que vous fittez dans les critères nécessaires pour être volontaire à Underpressure, tentez votre chance, l’initiative en vaut la peine et on souhaite à Sterling de fêter les 20 ans d’Underpressure. Il y arriverait probablement seul mais avec de l’aide, ça va être encore mieux. (Patrice Caron) Underpressure 2 thousand hate:
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