CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Miss scène locale
Le petit tavernier
Sunny Duval
Cabaret Fun Spot / Cheval Blanc
Semi-automatique
André Péloquin
Haute fidélité?
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
Satan en taxi
Foulosophie 101
Francois Gourd
Castor et Pollux
Télémathysme
Catherine Mathys
Belle bête
Du haut de la King
Dominic Tardif
Sherbrookoise chronique
Base art visuel
Julie Ledoux
«I have a dream that one day…»
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Pour passer mon clip à MusiquePlus…
Ondes souterraines
Stéphane Martel
Le syndrome Club Price
Un pied dans bouche
29 février 2008
Ed Hardcore

Cette histoire total véridique juré-craché ormonte à novembre 2006 — demande-moé pas pourquoi que c’est juste aujourd’hui que je te la raconte, j’en ai aucune fuckin d’idée. Ça commence à Rimouski. Le Cabaret des Auteurs du Dimanche y organisait une soirée de lecture à Cordée. Après avoir donné un excellent spectacle, Jean-François Aubé, Mario Bélanger, Ian Lauzon, Martin Perizzolo, Martin Petit pis moi-même sommes allés terminer la soirée dans un bar. Malgré le traitement royal qu’on nous a réservé — because la présence de vedettes dans not’beau groupe —, chuis resté sage. C’est que contrairement aux autres, j’allais pas passer la nuit à l’hôtel, il fallait que j’ordescende à Montréal pour aller vendre mes revues cochonnes à l’Expozine le lendemain. Autour de 4 heures donc, j’embarque dans mon char pis pars à recherche d’une station-service pour tinquer. Chose faite, je quitte Rimouski en prenant la route… 232. Oué, chuis arrivé par la 132, mais à cette heure tardive de la nuit, je confonds. C’est au bout de quarante-cinq minutes que je me rends compte de ma gaffe parce qu’il y a pas mal de côtes à comparer au trajet que j’ai fait pour m’en venir. J’ai pas de carte routière, les rares villages que je croise sont morts, pis la perspective d’ortourner de bord m’enchante pas trop trop. Chuis après me traiter de tous les noms quand j’aperçoie une madame après faire du pouce. Oué ! Une auto-stoppeuse à 5 heures du matin. Mais j’ai rien à perdre, tout à gagner, cette locale devrait pouvoir m’indiquer la voie vers la Sainte-20 qui me ramènera dans le 514. J’arrête dans l’accottement avec le coeur loadé d’espoir. Je sais pas ce que j’avais mangé pour avoir une telle badluck collée au cul, mais je me rends vite compte que la madame est débile léger — tics, défaut d’élocution, physionomie trisomique. Elle a plein de sacs en plastique remplis de canettes vides avec elle. Je lui explique quand même mon problème pis elle me dit que’elle va me diriger. Tout va bien jusqu’à ce qu’elle commence à me dire que son mari va lui câlisser une crisse de volée tantôt parce qu’elle est allée floaber du cash dins slut machines. Je garde ça pour moé, mais dans ma tête, je me dis qu’elle la mérite largement sa claque. On roule un boutte pis elle arrête pas de me parler de son enculé de mari, faque je lui dis poliement « Farme ta gueule », mais ç’en prend plus à une débile léger pour la fermer, faut que j’endure. Elle me fait tourner sur une route, pis une autre, j’ai un flash de Texas Chainsaw Massacre, pis j’aperçoie une pancarte qui indique que chuis en direction Nord. J’arrête le char net sur le point de commettre l’irréparable. « Heille bitch, aux dernières nouvelles, Montréal est au Sud ! » Un peu paniquée, elle me dit de me calmer les nerfs, qu’on est sur la bonne voie. T’sais, j’ai p’us bin bin le choix, faque les dents serrées j’orpars. On arrive dans une plaine pis elle me dit que la maison — le taudis, oué ! — au loin, avec de la lumière, c’est chez elle pis que j’aurai juste à continuer tout droit pour rattraper la 20. Je l’informe délicatement que je vas stopper ma machine une quinzaine de secondes, qu’elle s’arrange pour débarquer dans ce délai, sinon je la pousse à l’extérieur. En arrêtant, je vois une ombre qui fait les cent pas dans maison, j’ouvre la porte, elle sort pis je lui garroche ses sacs. Vrrroum, je décolle. Je dirais « fiouf » mais queques secondes plus tard, j’ormarque par le rétroviseur qu’un pick-up arrive à toute vitesse en arrière. Shot d’adrénaline, son fou furieux de mari s’en vient me faire la peau. Il fait nuit, je sais pas où chuis pis je chauffe un bolide de matante. Il me colle au cul ce qui semble être une éternité. Je me vois kidnappé, torturé, jouet sexuel pis repas au bout d’une semaine… Le psychopathe abandonne finalement — il a quand même une femme à battre — pis moé, je m’ortrouve au milieu de nulle part avec la chienne qui me coule dins veines. La luck me sourira enfin pis je tomberai sur la 20, j’arriverai en retard à l’Expozine pis je vendrai juste quatre exemplaires de Détresses, mais je me coucherai moins niaiseux, sachant maintenant ce que doit orsentir une proie qui se fait poursuivre par un prédateur, utile pour un auteur comme moé.

Un commentaire
  1. Vézina dit :

    Oui!
    T’as intérêt à en vivre des histoires de même! J’attends ton manuscrit!
    Ton éditeur…

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