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Un pied dans bouche
Il y a plein de moments où je m’occupe pas pantoute des gens qui m’entourent… Même pas de toi ! Il y avait Caroline en première année, c’est elle qui avait été testée poux positif dans ma classe. « Elle » officiellement, on s’entend-tu. On l’a niaisée en tabarnac !… avec ça, ouf !, euh.. euhum : j’aimerais ça lui demander « pardon » parce que t’sais, j’ai récemment eu l’envie de l’avoir dedans ma colllection de plottes sur Fuckinfacebook. Faqueuh… Caroline les Poux, ça c’est faite Billy, han Granger ? Ç’arrive super souvent que je m’occupe pas pantoute des gens qui m’entourent. Tout l’temps carrément, j’ai tous mes yeux tournés vers moé pareil à des folospotes, je me joue la vedette. Mais c’est pas vraiment avec Caroline que je veux t’entreprendre, tu comprendras chérie xX Caroline, c’est juste un boutte de feuillet, à peine dix quinze piasses, tu vois le genre ? Il y a cette fillette — « Véronique » note-la une bonne fois pour toute, ciboère ! — que je fais rentrer dans ma forêt enchantée. C’est d’elle dont il est question — bin quin —, je lui cède cette chronique, elle m’y a contraint en plaquant le canon frette de son revolver gold sur ma tempe toute trempe. Quasiment aussi sérieux qu’ça… Véronique Lllllll… Je peux pas la nommer complètement parce qu’elle entre en litt’en université (au moment-même où tu t’enfiles c(s)es malheureuses lignes), faque t’sais… Faudrait super surtout pas que ses camarades de classe — dans le cas où ils s’intéressent au journal que tu tiens d’une main présentement — découvrent qu’elle en a faite spermer des gars du milieu de la litt… Qu’ossé que je raconte là ? …de l’INDUSTRIE littéraire. Sur ses grosses boules, sur la peau douce de son ventre, juste au-dessus de sa p’tite chatte trimée. Peut-être aussi qu’il y en a qui l’ont enculée, ça, je sais pas. La semaine dernière, je l’ai passée à attendre un chèque faque mardi, mercredi, je sais p’us, je me suis plaint sur Facebook de mes conditions misérables d’écrivain — Brisebois, aware dans sa Mauricie, nous a aiguillés, moé pis Véronique, l’une vers l’autre… Elle détenait de l’argent, la belle. Via moult courriels d’un comique que je pourrais pas rendre fidèle dans le présent paragraphe, elle a aligné quarante piasses pour passer chez moé ce soir-là. « Pis ton été ? » Comme fort probab tu le sais déjà, j’ai passé mes queques journées ensoleillées pis mes nombreuses pluvieuses à pelleter de l’hÔôssssssettie de garnotte (du concassé, du zéro une demie, de la pierre de rivière aussi big que mini) dedans la fuckin forêt enchantée, située dins cantons d’l’Essst comme je t’ai déjà dit bordel ! Monte tes super belles billes sur la photo qui chill au sommet de cette colonne, t’y vois moé pis Morin d’Amérique avec la pancarte qui témoignent des faits. La garnotte ? en plus de faire chier une des Mélanies de ma vie, je l’ai lâchée pour achever cet estique de deuxième roman que tu me réclames tant. (Les plus prudes dans l’cul parlent de « novella » mais entre ce qu’ils disent pis ce qu’ils chisent han ?) Deux semaines. Faque quand je joue à l’écrivain, chuis cassé comme un béesse le vingt-huit du mois. Brisebois était aussi démuni que moé, mais il est dans le code régional de sa Louiseville tandis que moé, chuis à Jarry. Véronique débarque chez nous une heure plus tard avec un pack de six Laurentides, une pizza congelée pis les fameuses quarante-piasses. Je pense naturellement à un prêt, mais la jolie m’annonce qu’elle a envie de jouer à la mécène… J’entends des congas, ça devient jungle dans mon salon. Je l’écoute attentivement, j’avale la pizza sans mâcher, je cale les bières au beerbong pis je lui pique clope par-dessus clopes. J’essaye de la payer nature avec un french mais pouf ! j’ai perdu le mojo, elle veut juste des mots, la pute ! Elle dit « non » contre mon nez dans sa nuque, son ôôôdeur à Véronique.* * Voilà une partie du deal Véronique, reste à l’écoute pour la suite des choses…
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