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Cinéma/DVD
28 février 2008
Fabbie Barthélémy

Réalisé par Yves Christian Fournier. Écrit par Guillaume Vigneault.
Go Films/Alliance Vivafilm

Quatre amis se suicident le même jour. On soupçonne un pacte, mais Josh (Maxime Dumontier, Gaz Bar Blues) semble être le seul de sa bande à n’avoir pas passé l’arme à gauche. Malgré les questions sans réponses, la vie reprend son cours dans cette banlieue industrielle terne. Il y a beaucoup de choses à dire sur Tout est parfait, tant ce premier long-métrage du réputé réalisateur publicitaire et gagnant de la Course Destination Monde de l’édition 97-98 Yves Christian Fournier explore de sentiers. Le film de Fournier ne se veut ni une critique, ni même une tentative d’explication d’un phénomène (qui nous échappe), mais plutôt le portrait isolé de Josh (horrible nom) et de l’entourage des défunts. À mi-chemin entre le film d’adolescents, le film d’auteur et le film publicitaire léché, Tout est parfait aborde la mort avec la même lumière aveuglante qu’Elephant de Gus Van Sant et parle de l’adolescence à la façon de Larry Clark. Et en dépit d’une trame narrative confuse, on semble comprendre que les protagonistes semblent passer le plus clair de leur temps à flâner dans leur ville entre l’école, le skate park, les beuveries et les recoins reculés de leur patelin. On a donc droit aux petites misères de leur jeune existence et aux cicatrices héritées de leurs parents comme point d’ancrage. On peut mentionner de belles trouvailles de la part de Sara Mishara à la direction photographique et de David Pelletier à la direction artistique. Autre point positif, le montage embrouillé est bien tissé à l’univers riche en son et en ambiance. D’ailleurs, la bande sonore se démarque par la présence de Cat Power, Buck 65, 2Faces et Loco Locass. On note également la présence de nouveaux visages et on remercie mille fois la production de ne pas avoir recruté ses acteurs dans la distribution de Ramdam. Toutefois, quelques erreurs de casting sont en grande partie responsables de quelques ratés émotionnels. Aussi, l’impression que le scénario de Vigneault demeure inachevé plane sur la dernière heure de ce premier effort. Le film s’éternise donc dans une contemplation qui finit par lasser. À quelques moments, la note semble forcée et la faiblesse des dialogues, à l’image de nos adolescents, on imagine, n’aide malheureusement en rien à la dynamique. Néanmoins, on termine la séance déprimé avec bien plus de questions que de réponses sur le mal de vivre des adolescents.

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