19 avril 2008
Jean-Nicolas Labrie
Allez chercher la police, un groupe de Newmarket, Ontario s’apprête à conquérir le monde.
Quatre jeunes garçons polis, bien fringués et éduqués, en apparence inoffensifs. Originaires d’une banlieue ontarienne ordinaire, en l’occurrence Newmarket, ville qui a vu naître et vivre plusieurs personnalités canadiennes (Jim Carrey, Belinda Stronach, John Candy…). Rien de bien excitant en somme. Or, il n’en est rien. Ces quatre mêmes jeunes hommes, très allumés et en plein ascension, sont en fait l’un des groupes canadiens les plus en vogue du moment. Après quelques mini-albums au succès bien au-delà des espérances, voici que le quatuor lance enfin un premier long-jeu, Elephant Shell, un album à la personnalité explosive qui (on l’espère) propulsera nos quatre amis en orbite tout autour de la Terre. Discussion animée avec Greg Alsop, batteur de cette formation rock surexcitée.
Quelles sont vos attentes avec ce premier vrai album?
Nous voulions le faire du mieux que l’on pouvait. Le timing était bon, car on avait l’impression que tous les éléments étaient à leur place. Je suis pas mal nerveux en ce moment, car nous venons à peine de le terminer, on avait tous hâtes de le sortir et d’avoir du feedback, de voir la réaction des gens. Jusqu’à maintenant, nous avons lancé un premier single (Your English) et déjà la réaction est bonne… C’est certain que nous espérons que les gens l’aiment et on espère aussi partir en tournée pendant plusieurs années avec ce disque!
Êtes-vous satisfaits du résultat final?
Oui, absolument. L’album est aussi bon qu’on l’avait espéré. Ça doit faire presque deux ans que l’on travaille sur cet album. Des groupes qui ont sensiblement le même son que nous, il n’y en pas des tonnes, mais il reste que pour nous, ça reste difficile de bien s’implanter dans l’esprit des gens. Également, il faut dire qu’on était rendus là. Il fallait écrire un album complet parce que les 2 EP qu’on a lancés dans les dernières années, on les a faits un peu nonchalamment, sans avoir de réelles attentes, parce qu’à cette époque on faisait de la musique seulement pour nous-mêmes. Maintenant, on sent que le public a de grosses attentes à notre égard. C’est de la pression, mais en même temps, aussi bien faire ce qu’on a toujours fait, c’est-à-dire faire de la musique pour nous-mêmes. Nous serons toujours les meilleurs juges pour critiquer notre propre musique.
Pourquoi avoir choisi l’étiquette indépendante américaine Saddle Creek?
D’abord parce que c’est une étiquette fantastique! On a toujours respecté le travail de ces gens-là pour la façon dont ils gèrent la «business». Ils supportent aussi beaucoup la scène locale de leur propre ville (Omaha, Nebraska). C’est aussi une étiquette avec un cachet plus personnel, plus humain, on se sent vraiment pris en charge. Ils ont aussi fait un travail formidable avec d’excellents artistes comme Bright Eyes, Cursive, des artistes qui n’auraient peut-être jamais eu d’attention des médias plus mainstream. On est bien contents de faire partie de leur équipe.
Dans une entrevue antérieure, votre claviériste Graham Wright décrivait vos chansons comme étant «rapides, brèves, sans espace pour respirer, et dans le contexte d’un mini-album, c’est parfait comme ça». Pourquoi avoir choisi le même canevas pour le long-jeu?
Probablement parce qu’on ne connaît pas d’autres façons de faire de la musique. De toute façon, écrire des chansons plus longues, seulement parce qu’elles doivent l’être, ce n’est pas vraiment notre truc… J’ai remarqué que la plupart des chansons que l’on peut entendre un peu partout sont beaucoup trop longues pour rien. Il y a beaucoup de groupes qui font ce genre de chansons, qui n’ont pas nécessairement besoin de tout ce remplissage pour se rendre jusqu’au refrain. Nous, on ne se casse pas la tête: on dit ce qu’on a à dire, ça prend deux minutes et c’est dit.
Votre groupe a été choisi par le magazine Playboy pour leur série Rock the Rabbits (NDLR: le magazine produit une série de t-shirts à l’effigie de groupes présélectionnés). C’est un honneur pour vous?
Je ne savais même pas qu’on allait faire ce contrat-là, c’est ma mère qui m’a appelé il y a de ça quelques semaines pour me l’apprendre! Josh (le guitariste) a en effet décidé de faire le design de notre t-shirt. Il y a aussi des artistes incroyables comme Daft Punk et Hot Chip qui seront de cette collection et c’est tout un honneur pour nous de faire partie de la même campagne que ces gens-là.
Depuis que ton groupe est sur une lancée, apprécies-tu cette nouvelle vie?
Oui et non… Oui, car nous ne sommes plus obligés maintenant d’avoir des day jobs chiantes. Pour cette raison, c’est sûr qu’on apprécie cette nouvelle vie. Mais en même temps, c’est épuisant… Parfois, on doit se réveiller à 3 heures du matin pour prendre l’avion du Midwest américain pour se rendre jusqu’en Alberta, conduire ensuite pendant 3 heures pour aller donner un spectacle, il y a aussi ces longs trajets d’auto entre les concerts… Par contre, on n’est vraiment pas à plaindre, franchement! Jouer de la musique, donner des concerts, c’est notre travail. Pour cette raison, on espère que les gens aimeront notre album pour ainsi continuer à faire ce métier-là encore longtemps.
Tokyo Police Club ou Tokio Hotel?
D’après toi! Je n’ai pas encore écouté ce groupe-là, mais j’ai vu un de leurs posters et leur image demeure quand même étrange à mes yeux… Encore une fois je n’ai pas écouté, mais ça m’a tout l’air d’être un groupe manufacturé, ils sont tous très jeunes et pour moi, ce n’est pas du tout sexy! (Jean-Nicolas Labrie)
Elephant Shell en magasin dès le 22 avril
Et vous pouvez l’écouter en entier ici!
www.tokyopoliceclub.com