10 décembre 2007
Felix B. Desfossés
ew York, New York, 1995. Un groupe punk rock très glamour met le feu partout sur son passage. Mené par un chanteur travesti, Miss Guy, The Toilet Boys ramène au rock le sens de l’entertainment à la KISS: pyrotechnie, lasers et énergie spectaculaire… Un vrai show rock, haut en couleur, comme il ne s’en faisait plus depuis que le grunge avait tout ramené à la simplicité trash. Le succès des Toilet Boys est important dans les milieux undergrounds partout sur la planète. Le groupe voyage du Japon à Los Angeles en passant par Londres et Montréal, partageant la scène avec la crème des icônes punks new-yorkais, Debbie Harry (Blondie), ainsi que feus Joey et Dee Dee Ramone notamment. Après le fameux incendie qui a tué près de 100 personnes au Rhode Island lors d’un concert du groupe hair metal Great White en février 2003, The Toilet Boys se voit refuser d’utiliser ses effets pyrotechniques dans les différentes salles où il se produit. The show is over, le groupe se sépare. Quatre ans plus tard, The Toilet Boys lance son quatrième album, Sex Music, attendu en décembre. Est-ce un grand retour ou est-ce que la bande de Miss Guy ne fait que nous titiller les lobes? Entretien téléphonique avec le/la principal(e) intéressé(e).
Est-ce qu’on assiste au retour des Toilet Boys?
Certaines personnes pensent que nous nous sommes reformés, mais ce n’est pas vrai. Nous n’avons pas d’intentions ou de projets de tournée présentement… même si ce n’est pas hors de question. On a fait cet album pour le fun, sans attente. L’étiquette savait qu’on ne ferait pas de tournée. On fera un gros party de lancement à New York, à L.A. et à Londres… Il y a une possibilité qu’on fasse quelques chansons, mais y’a rien de coulé dans le béton jusqu’à maintenant.
Qu’est-ce que vous nous réservez sur Sex Music?
On a plusieurs chansons qui viennent du démo qu’on avait enregistré juste avant de nous séparer… On allait faire un EP. Quand le label nous a approchés, on a décidé de réenregistrer ces chansons et on en a composé quelques nouvelles. Nous avons fait quelques remix de chansons sur l’album, un peu plus électroniques, juste pour le fun. C’est une étrange collection de chansons, mais c’est cool en même temps.
Vous considérez-vous comme héritiers de la tradition punk et glam de New York?
J’avais l’impression qu’on résumait l’essence même de New York en tant que groupe. Nous sommes issus de la scène des années 90 avec Lunachicks, Karen Black, D-Generation. Il y avait une vraie scène à cette époque. Les gens se connaissaient, ils étaient amis. Ça n’intéressait pas beaucoup les médias à l’époque… Leur attention est venue plus tard avec les Yeah Yeah Yeahs et The Strokes… À un moment où il n’y avait plus vraiment de scène…
Y a-t-il une scène rock intéressante à New York présentement?
Malheureusement, je ne pense pas qu’il y ait une vraie bonne scène rock… Pour moi, c’est un peu… (soupir) forcé… Y’a des gens qui voudraient une scène, mais y’a pas beaucoup de groupes. New York est tellement différent qu’il y a 5 ou 10 ans… C’est rendu trop dur pour les groupes de vivre ici et de travailler ici… Le nightlife n’est plus ce qu’il était…
Tu es DJ à New York, tu dois savoir de quoi tu parles!
Ça fait longtemps que je suis DJ à New York et ça fait longtemps que je vis à New York et je pense toujours que New York est la ville la plus géniale du monde. Y’a quelque chose pour tout le monde ici. New York est une grosse toilette dans laquelle des tonnes de trucs et de gens tournent ensemble… A great big mix! J’aime que la ville soit sale, même si c’est moins sale que ç’a déjà été… Au début du groupe, New York était une vraie toilette et ça fait partie de l’humour derrière le nom… Maintenant, je trouve que NYC devient trop propre et sécuritaire.
J’ai entendu dire que tu prépares un album solo?
Environ un an après la dernière tournée, j’ai commencé à écrire des chansons plus douces et des plus pop… J’espère que ça sera sorti d’ici un an. Jusqu’à maintenant, y’a une chanson sur laquelle on peut entendre Debbie Harry et Ace Frehley de KISS à la guitare. Y’a aussi une chanson que j’ai fait avec Boy George quand il habitait New York… Y’a déjà des extraits sur mon MySpace… MySpace.com/guynyc.
www.myspace.com/toiletboysnyc