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PODCASTS

Reportages et entrevues
14 mai 2008
Felix B. Desfossés

Hey! La gruesomania est de retour! Pour une nuit seulement, la pharaonique, mythique et mystique sensation garage locale The Gruesomes se tire de son sommeil éternel à temps partiel pour revenir nous hanter avec une de ses rares apparitions. Mais elle ne sera pas seule! The Gruesomes sera accompagné de ses plus notables disciples, la bande d’ostrogoth à go-go des Breastfeeders. Ce concert risque de rester gravé à jamais sur les pierres tombales du rock garage local.

«J’sais pas si on peut appeler ça un show réunion. Ça doit faire cinq ans qu’on n’a pas joué sur scène. On fait ce show parce qu’on réédite tous nos albums en CD sur Ricochet Sound Records. Ils ont aussi lancé Live in Hell, un enregistrement d’un show donné dans les années 80. Ils l’ont transféré d’une cassette!», s’esclaffe John Davis, bassiste et membre fondateur du groupe. Tyrants of Teen Trash (1986, Og Records), Gruesomania (1987, Og) et Hey! (1988, Og) sont les trois premiers albums des Gruesomes. Une Sainte Trinité de long-jeux mythiques adorés et recherchés par les aficionados de garage de partout sur la planète Terre… et même d’ailleurs. Leurs rééditions CD seront accompagnées des morceaux rarissimes du quatuor macabre tirés du 45 tours Jack the Ripper (1986, Primitive Records), du EP Unchained (1987, Primitive Records) ainsi que de diverses chansons oubliées ou tirées de compilations telles que It Came From Canada. De quoi gaver les affamés de garage punk ado, primitif, furieux, sanguinolent et maniaque jusqu’à plus faim.

Quand ils décident de former un groupe de musique en 1985, John Davis (basse) a 17 ans et son frère Eric (batterie) compte 15 beaux printemps. «On connaissait Bobby Beaton (voix) de l’école. On écoutait du punk, mais aussi beaucoup de sixties, surtout du mod. Le garage fitte bien au milieu de ces deux styles. Alors quand on a écouté les compilations Back from the Grave et Pebbles, on s’est dit que ça serait facile de jouer ça!», explique Davis. Aucun des trois moptops ne jouait vraiment d’un instrument. Eric Davis joue sur les casseroles maternelles, John Davis se trouve une basse à 100$ qu’il branche dans le système de son paternel et ils pratiquent dans la cave familiale, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal. C’est alors qu’ils rencontrent Gerry Alvarez qui, lui, sait quelques accords de guitare. Il est immédiatement embauché et le monstre à quatre têtes des Gruesomes est né.

En résumé, entre 1985 et 1990, année de leur séparation «officielle», ils font cinq fois le tour du Canada, lancent trois albums, deux vidéoclips (Way Down Below, Hey!) et jouent devant des salles combles à travers la fédération canadienne avec une quantité impressionnante de groupes garage de réputation mondiale tels que The Chesterfield Kings, The Cynics, The Fuzztones, ainsi qu’avec quelques groupes locaux dont Deja Voodoo, The Mongols ou The Minstrels. Depuis 1990, ils ont lancé la compilation Gruesomology (2003), un album de nouveaux enregistrements (Cave-in, 2000) et donné quelques concerts à Montréal et Toronto.

Avec leurs coupes Beatles démesurément longues et leurs habits sixties excentriques, ils sont une caricature vivante du garage punk, quatre personnages dignes de la famille Gruesome, voisine des Flintstones, dans le populaire dessin animé. «On essayait toujours de rendre nos shows comiques, on n’était jamais sérieux. On était moitié musiciens, moitié comédiens. Au début, on se servait de ces jokes pour tuer le temps parce qu’on avait pas assez de chansons… On était tellement mauvais musiciens. Mais avec le temps, ç’a commencé à faire partie du show et les gens voulaient ça!», se rappelle Davis. C’est avec cette énergie psychotique débile mentale que les quatre grand-guignolesques ont non seulement marqué l’époque, mais aussi engendré une scène garage qui continue de faire rage de Montréal à Québec en passant par Sherbrooke. «Je crois qu’on a eu une assez grosse influence, estime Davis. Surtout au Québec, sur la scène francophone. Beaucoup de gens m’ont dit avoir parti leur premier groupe après avoir vu The Gruesomes. Nous étions populaires à Montréal, mais en dehors de la ville, nous étions des super stars! Quand on allait genre en Saskatchewan, c’était comme si les Beatles venaient de débarquer! Dès qu’on entrait dans le bar, les gens se mettaient à crier!»

Le Fearsome Foursome n’a pas l’intention de repartir sur la route de la sorte, mais John Davis laisse miroiter la possibilité qu’il enregistre un nouvel album sous peu. D’ici là, les fonds amassés lors du concert du 29 mai serviront à payer la caution du guitariste Gerry Alvarez, actuellement détenu dans une prison cubaine où il a été arrêté durant une tournée avec son groupe The Gerry Alvarez Odyssey. Ce sont les dernières nouvelles qu’a obtenu Fuad Ramses. (Félix B. Desfossés)

www.myspace.com/thegruesomes

29 mai – Petit Campus (Montréal)

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