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Reportages et entrevues
21 janvier 2008
Felix B. Desfossés

«Fucking in the butt, fucking in the butt, fucking in the butt», chantaient-ils en chœur à chaque concert, tels les enfants de la chorale du bon Dieu du rock’n’roll. Maintenant qu’ils sont morts, les membres de The Alley Dukes, rois incontestés du pornobilly, n’iront sûrement pas chanter leurs ritournelles au paradis, si vous voyez ce que je veux dire. La dernière cène avec Jésus Danny Duke se déroulera au Café Campus le 9 février prochain.

Après cinq ans d’existence, deux albums et deux tournées canadiennes, The Alley Dukes a décidé de tirer la plug sur son projet. Pourquoi? «Un moment donné, en plein pendant une brosse, j’ai eu une vision. La lumière m’a parlé… C’était Le Grand Mamelon qui m’a parlé. Il m’a dit que c’était assez de jouer de la musique, qu’il fallait maintenant que je me convertisse au “boobisme”. C’est une religion qui vénère les totons, faque j’m’en vas me trouver des apôtres pour vénérer les totons», explique sereinement Danny Duke, chanteur, auteur, compositeur, frontman et personnage trasho-fédéraliste-sudiste.

Envers et contre tous les clichés rockabilly, The Alley Dukes a shaké la cabane de la scène rockabilly puriste avec la prétention de redonner à cette musique son côté dangereux. «C’est un retour au bon vieux rock’n’roll. Un peu comme les Ramones qui, après les Hendrix et Led Zeppelin, ont décidé de revenir aux bonnes bases. Nous, on est retournés aux années 50, mais on y a mis l’attitude d’aujourd’hui. Moi, ce que j’ai toujours haï du revival rockabilly, c’est de chanter sur des sujets qui n’ont pu rapport aujourd’hui. Tsé, aujourd’hui, on s’en calice-tu pas des Cadillacs pis de bopper toute la nuit», soutient le Duc des ruelles, du trash et du porn.

Issu non seulement des mythiques Ripcordz avec qui il a fait ses premières armes mais aussi du groupe punk-hardcore 90s bien connu pour son côté provocateur Vulgar Deli, Danny Duke se joint à un groupe existant déjà en 2002 nommé The Back Alley Stompers, comprenant le contrebassiste Marty Duke ainsi que Johnny Toxic, figure de proue de Gutter Demons. La formation s’est ensuite transformée pour laisser place à Zak, un excellent lead guitariste d’origine russe, ainsi qu’à H. Rod à la batterie. Ce dernier a ensuite été remplacé par François, lui aussi issu de Vulgar Deli, et mieux connu en tant que batteur de The Brains. C’est ainsi que Danny, Zak, Marty et H. Rod ont constitué la formation de départ des Alley Dukes.

Leur premier album paraît en 2005 et s’en suit une tournée canadienne. Après leur second album, …Go Back to College, lancé sur l’étiquette canadienne Flying Saucer en 2007, Marty Duke, à la contrebasse, est le premier à quitter le navire. Il est remplacé par le jeune Mo, issu de l’excellent groupe psychobilly franco Oscar B. Puis, après plusieurs changements de batteurs, c’est Starbuck qui prend place derrière les tambours. Après une seconde tournée canadienne et des tonnes de concerts ici et là, Danny Duke décide que la dernière heure a sonné. Le coup fatal sera donné le 9 février prochain au Café Campus à Montréal alors que The Alley Dukes se produira pour une dernière fois en compagnie de The Creepshow, The Treblemakers (l’autre groupe de Zak), Oscar B. (le groupe de Mo) et The Hypnophonics (le nouveau groupe de Starbuck). Danny Duke est le seul du groupe qui n’a pas de side project actuellement. «Je vais me partir quelque chose d’autre. Je vais faire un retour au punk», annonce-t-il déjà.

Si vous n’avez pas vu The Alley Dukes en concert, alors vous n’avez jamais entendu Danny Duke insulter son public et ordonner de voir des paires de totons. Puisque l’heure est à la conclusion, allons-y pour une rétrospective. Danny, t’as vu combien de paires de totons dans ta carrière avec The Alley Dukes? «Un moment donné, durant une tournée l’année passée, je tenais un “boob-o-mètre”». Le record va à Vancouver où on a vu 13 paires de totons en une soirée! Ensuite, y’a Toronto où on en a vu une fois 11 et une autre fois 10, puis c’est Montréal avec 9… En gros, si on fait une moyenne, j’ai vu 2,5 paires de totons par show… Je m’aventurerais donc avec… 274 paires de totons au total», ainsi parlait Danny Duke.

www.myspace.com/thealleydukes

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