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Reportages et entrevues
1 août 2008
Nicholas Lavallée

Depuis sa formation en 2002, le quintette californien The Aggrolites a su transmettre sa passion pour le vieux reggae, celui des années 60-70 et du label mythique Studio One en lui insufflant une touche de funk et de soul. Un quatrième album doit paraître en 2009 mais en attendant, on a pu jaser quelques minutes avec le chanteur Jesse Wagner, alors qu’il profitait d’une journée de congé du Vans Warped Tour.

Il y a quelques années, inviter une groupe non-punk au Vans aurait été un sacrilège. Comment le public d’aujourd’hui réagit-il à vos performances ?

Mieux que ce à quoi je m’attendais. Les jeunes sont habillés fluo et je ne sais toujours pas comment ils font pour enfiler des pantalons aussi serrés mais ils s’intéressent à nous, bien que notre reggae old school détonne par rapport aux autres bands du festival. D’ailleurs je me sens un peu vieux parce que je ne connais pas vraiment les style de musique d’aujourd’hui.

Y a-t-il un lien entre le punk et le reggae ?

Dans les deux cas, il s’agit de musique de rébellion, de musique qui permet de parler de ce qui nous affecte personnellement. En fait le contenu du reggae et ses commentaires sociaux, son côté « Stand up for your rights » ont certainement influencé le punk.

The Aggrolites a une histoire particulière, parle-moi de la naissance du groupe.

The Aggrolites est né des cendres de deux bands, The Vessels et The Rythm Doctor. On s’est d’abord retrouvé en studio pour enregistrer la musique de l’album de Derrick Morgan, un chanteur reggae. Puis on a décidé de poursuivre l’aventure juste pour le fun et de fil en aiguille, c’est devenu une job.

Votre premier album, Dirty Reggae, fut enregistré en une journée, limitant chaque chanson à une seule prise, quelle était l’idée derrière ça ?

On a voulu rendre hommage aux anciens. À l’époque, The Upsetters ou The Skatalites enregistrait 20 chansons par jour. Bien sûr, des erreurs se glissaient parfois dans les enregistrements mais selon moi, ça rehausse les chansons, ça les rend uniques. Tous nos disques sont enregistrés live, on joue sans trop se poser de questions ce qui explique que ça puisse paraître relâché aux oreilles de certains.

Vous avez joué avec Prince Buster, Tim Armstrong, Phyllis Dillon, votre dernier album, Reggae Hit L.A a été sacré meilleur disque reggae de 2007. Y a-t-il quelque chose qu’il vous reste à accomplir en tant que musiciens ?

J’aimerais faire connaître le vieux reggae, partager ma passion avec le reste du monde. Il y a tant de bons groupes reggae que peu de gens connaissent. Les gens se limitent souvent à l’album Legends de Bob Marley, c’est un excellent disque mais il ne définit pas le reggae à lui seul. Je rêve du jour où je vais allumer la radio et tomber sur une chanson des Upsetters.

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