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PODCASTS

Reportages et entrevues
14 mars 2008
Carole Bertrand

Dans le précédent numéro, nous faisions une étude scientifique sur le port du t-shirt dans les concerts. Devant l’engouement auto-proclamé par l’auteure, Bang Bang récidive et vous propose une saga. Et parce que le rock’n’roll, c’est de la musique, un peu de drogue et beaucoup de culte, on commence par:

Les t-shirts cultes
Qui dit groupe de légende dit t-shirt culte. Et inversement. L’aristocratie du rock imprime son blason sur un morceau de coton noir avant de lâcher ses fidèles dans les fosses enragées. Mais le nom ne fait pas pour autant la pièce de collection. On n’exhibe pas un t-shirt au hasard, tout comme on ne porte pas des Ray-Ban juste pour la marque (Aviator et Wayfarer, rien à voir! Crénom!)

L’ancêtre (les premières sérigraphies apparaissent en 1973-75) reste le t-shirt AC/DC. Comme La Joconde, on lui a fait subir tous les outrages (manteaux pour chiens, sacs à lunch, jumelles Olsen…). Le problème avec AC/DC, c’est que ma voisine a la sonnerie Highway to Hell sur son cellulaire mais ne sait pas qui est Bon Scott. Passons.

Pour maîtriser la t-shirtologie, il ne faut pas avoir peur d’intellectualiser le t-shirt. À quoi reconnaît-on le fan de Nirvana jusque dans la tombe (=indice)? Pas au t-shirt à smiley jaune de 1991 en tout cas. L’hommage ultime, c’est le «Grunge Is Dead» de 1992 qui sublime la résignation du grunge et fait de Cobain une icône. Sachez transcender le tissu.

Avec Motörhead, la stratégie consiste à bien choisir le titre sous le logo (un chien du genre hostile). À tort, le profane choisira la version «England» alors que la version sacrée est celle de «Bastards».

Pour The Clash, on est punk ou on ne l’est pas. Et le punk fait dans le kamikaze, banzai, hara-kiri, violence, no future… on veut du sang, on veut du rouge. Et surtout on profite des propriétés de la maille jersey (qui ne se découd pas): on coupe les manches pour se faire un tank.

Les classiques de demain
Vous aurez donc compris qu’un bon t-shirt est un t-shirt antique. Évidemment, je ne parle même pas des réimpressions, comble du pathétique. Autant excaver Elvis pour faire des guitar picks avec ses ongles (cela dit…).

Alors comment préparer votre avenir et capitaliser dès aujourd’hui pour votre patrimoine vestimentaire? Repérez les groupes sur la voie du sacre et choisissez les séries limitées des tournées (avec dates dans le dos). Misez sur les valeurs sûres comme Tool. Donnez-vous du mal. Une fois, j’ai vu le logo de Tool brodé noir sur fond noir… superbe. Malheureusement les gens ne se laissent pas déshabiller aussi facilement en hiver.

Enfin, c’est sur un proverbe moldave que je vous donne rendez-vous pour les prochains épisodes où il sera question de poitrines gonflées sous t-shirts mouillés (what a pitch!): «Comme le verre de vodka sur la table en bois, la sueur fait des cercles sous les bras».

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