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Le petit tavernier
6 décembre 2007
Sunny Duval

Aujourd’hui Tonton Sunny vous raconte la fois où il a été incarcéré à Valence, France.

Par une jolie nuit de printemps 2007, je prends une bière sous les étoiles avec Marty Vary-Party et Ti-Brin Cantara sur la berge du Rhône, sous une autoroute. Ça fait un bout qu’on est là. Pour varier le party je propose d’aller au parc fabuleux situé tout près.

On marche sur le trottoir longeant le parc énorme, entouré d’une haute clôture. On a des briquets, un carton de bière vide, pis vu qu’on est des vieux enfants, briquet + carton = feu de joie. Et Ti-Brin fou de joie grimpe la clôture avec le carton en feu.

Par hasard y’a un drapeau Français pas loin, par hasard les élections ont eu lieu y’a 4 jours pis les policiers paniquent partout. Par hasard une voiture non-identifiée bourrée de flics en civil s’arrête derrière nous.

Ti-Brin pense que c’est des idiots qui viennent nous cogner et se met à courir très fort. Les 4 idiots en question le rattrapent, le jettent sur l’asphalte et le menottent pendant qu’il hurle, le nez en sang, «J’ai rien fait!». Ils l’embarquent. Je demande son nom à un policier qui répond: «Mon nom c’est Nicolas Sarkozy. Circulez.» Ti-Brin: «J’vous aime, les gars!» La voiture se sauve.

Marty pis moi on a rien vu aller, ça s’est fait trop vite. Estomaqués, envie de brailler. Je prends des photos du sang de Ti-Brin sur la chaussée pis du drapeau, intact. Je sors mon mini-plan de Valence, repère le commissariat. On y va.

C’est là. Y’a 12 policiers dehors sur les marches. «Tiens, v’là les Canadiens!» On a pas trop envie de rire. Je parle le plus calmement possible pour tenter de parlementer avec eux. Certains disent rien, y’en a qui discutent calmement aussi («Vous sentez l’alcool, vous avez bu?» «Oui M’sieur l’agent.»), pis y’a un énervé qui décide pour les autres. «Ça suffit!», qu’il dit.

À la scène suivante, Marty pis moi on est menottés à un banc du commissariat. Bien fait pour nous. «Vous auriez pas dû v’nir les gars.» On reconnaît l’accent de Joliette de Ti-Brin, menotté au banc d’en face, la face pansée.

On m’emmène à part pour me fouiller. «Tournez-vous, baissez votre pantalon, écartez les jambes, Monsieur Duval.» A 2 mètres de moi, un gars m’éclaire le cul à la lampe de poche (hahaha), pour voir si je cacherais pas un cadeau, ou quelque chose. On me fait signer une feuille listant mes possessions, confisquées. «Un paquet de Gauloises, 1 appareil photo, 20 Euros, 3 préservatifs, 1 mouchoir, 2 plectres pour guitare. Signez ici Monsieur Duval.» Puis on m’emmène, sans menottes, à ma cellule personnelle. «Enlevez vos bottes.»

Pendant ce temps Marty réussit à sortir le buvard qu’il a dans sa poche et le cache derrière le radiateur.

Cool. Je suis embarré dans un petit rectangle de béton nu, sauf pour quelques graffitis genre «putain de ta race». Porte avec fenêtre en plastique transparent, lumière permanente dans le couloir. Lavabo, eau froide incluse. Demi mur au fond, avec trou au plancher, chaleureux. Je m’étends sur mon lit, un tombeau de béton avec un matelas bleu, seule couleur.

Je sais pus rien. C’est comme un mauvais trip d’acide: je sais pas quand ça va finir. Aucune issue. Personne sait qu’on est ici. On est vraiment mal pris.

Marty est escorté à sa cellule. Je crie mais y’a trop d’écho, impossible de communiquer. Je suis tout seul avec ma tête. Mais pourquoi on est emprisonnés? Je crie encore. «Vous avez pas le droit de nous garder, vous avez pas dit pourquoi on est là!!» Une voix Française crie «Dodo!» Je file pas trop pour dormir, je vous dis. Par contre je fumerais bien une petite Gauloise. Avec un verre de blanc.

***

Boum boum boum. «Monsieur Duval!» «…Hmm?…» «Vous avez assez dégrisé?» Moi fâché: «Bin, oui.» Je signe la même feuille pour récupérer mes affaires. Il manque rien, pis toutes les photos sont là. Marty est libéré aussi. 9h30am. Ti-Brin est libéré à midi. Aucun casier judiciaire sali.

On apprend pourquoi ils nous ont gardés en-dedans: cellule de dégrisement. En France, vous pouvez prendre un coup dehors, mais si la police décide que vous avez l’air paquetés, ils peuvent vous saisir.

Au trou les voyous.

3 commentaires
  1. 4n dit :

    hehe!! je te conterai la fois où je suis allée (avec 3 copines: une française, une mi-arabe-mi-parisienne et une québécoise) en taule à Fort Lauderdale en Floride!! Y sont fous là-bas! Les citoyens élisent leurs shérifs!! Tu t’imagine déjà l’enfer … à une prochaine soirée bien rhumyssée c’est promis!

    xx
    4n

  2. Nico dit :

    Ha ha! Niaiseux! Chouette histoire c’est simplement dommage pour le buvard resté derrière le radiateur… À bientôt rnr PQ!
    Nico

  3. Sunny Duval dit :

    niaiseux + rhum = taule!

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