CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Miss scène locale
Le petit tavernier
Sunny Duval
Cabaret Fun Spot / Cheval Blanc
Semi-automatique
André Péloquin
Haute fidélité?
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
Satan en taxi
Foulosophie 101
Francois Gourd
Castor et Pollux
Télémathysme
Catherine Mathys
Belle bête
Du haut de la King
Dominic Tardif
Sherbrookoise chronique
Base art visuel
Julie Ledoux
«I have a dream that one day…»
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Pour passer mon clip à MusiquePlus…
Ondes souterraines
Stéphane Martel
Le syndrome Club Price
Semi-automatique
6 décembre 2007
André Péloquin

Tout d’abord, merci aux nombreux (plus que cinq, c’est nombreux dans ma tête, bon) e-mails et appels me demandant si j’étais vraiment assez con pour quitter Bang Bang au profit d’un blogue carburant aux banderoles publicitaires (voir ma précédente chronique dans les archives du www.bangbangtemort.com pour plus de détails). Évidemment, je blaguais. Avoir su, j’aurais dû écrire que j’étais prêt à échanger les adresses électroniques des pop stars Pierre Crube et Jérôme Rocipon contre celle de Jenny Lewis (chanteuse de Rilo Kiley et fantasme de mes nuits esseulées). Tiens, en parlant de Numéro#…

C’est un fait, le musicien québécois est obsédé par les chiffres. De la fameuse 1990 de Jean Leloup à la plus obscure Une cenne de Derf, la gent musicale pense autant à ses gammes qu’aux rythmes binaires… surtout en fin d’année lorsque les médias locaux empilent palmarès, flops et tops de l’année ad nauseam. Bien que l’exercice peut paraître facile pour les éditeurs, c’est un véritable calvaire pour les journalistes, scribouillards et autres gratte-papiers qui se retrouvent habités de plusieurs hantises avant même de se répandre en encre. «Et si mes choix étaient trop évidents? Tiens, j’vais foutre Neon Bible bon dernier. Oh, mais si les lecteurs réalisaient que je me la joue trop edgy? Merde, j’vais remettre Neon Bible à l’azimut du lot. Mais qui j’oublie? Les blogues me traîneraient dans la boue si je ne glisse pas un diamant brut qui se distinguera en 2008 ou un truc vraiment obscur que seule une clique très sélecte – moi-même – pourrait apprécier à sa juste valeur! Que faire!? QUE FAIRE!? Bordel, j’vais mettre Neon Bible en plein milieu. Pire encore, je vais contourner le dénominateur commun en ne cernant qu’une oeuvre. Neon Bible? Mais non, un bide, une déception, une bombe, c’est encore plus facile!»

C’est sûr que plusieurs bilans de fin d’année vont rentrer dans le lard de Jacques Villeneuve et sa tentative de se lancer en musique, mais il ne faut pas oublier que l’as du bris mécanique demeure un pilote de course avant d’être un auteur-compositeur-interprète respectable. L’ex-lofteur Mathieu Gaudet et son nouveau compact, eux, n’ont pas cette excuse. Il n’a pas non plus l’excuse du premier jet, car Le bazar superficiel est un deuxième compact paru près de trois ans après le premier. Pourquoi vouloir le larguer sur Saigon? Pour ses interprétations mi-Roi Ponpon, mi-Vincent Vallières de mièvreries pop-folk merveilleusement incarnées par son tube Le monde est matériel dont voici un extrait:

«Je me suis levé du mauvais pied
je n’ai plus de café latté
Ça commence mal la journée
il faudrait mieux y remédier
Alors, j’ai marché aux puces
dans mes beaux souliers Converse»

Autre vérité immuable: la plupart des critiques sont des ratés sympathiques. Moi-même, je suis un piètre guitariste (autant sur un modèle acoustique que plastique lorsque je me la joue rock star à Guitar Hero), un triste personnage et un auteur aussi émouvant qu’une brique, mais je demeure convaincu – surtout une fois exposé à un single aussi mou que complaisant en se frottant la matérialité de façon aussi gnan-gnan – que je peux faire mieux… mieux qu’un chanteur qui s’était tout de même distingué lors de son premier essai malgré ses stigmates de la téléréalité, mieux qu’un mec qui a fait de la chanson SON FUCKIN GAGNE-PAIN, viarge! Allons Monsieur Gaudet, montez la barre un peu plus haut! C’est ce que je vous souhaite pour 2008 en tout cas.

Et de mon côté, j’espère déballer Jenny Lewis ainsi qu’un gilet Kevlar… On est jamais trop prudent, tsé.

Sur ce, Joyeuses Fêtes, feliz navidad, tirelires, combines et compagnie!

7 commentaires
  1. dominic marleau dit :

    t’en écris-tu toi des tounes péloquin???
    On a hâte de entendre pour rire de toi!!!
    ciao,
    Warlove

  2. André de Sorel dit :

    Ok, ok, ok,

    Tirez-vous une bûche, c’est le moment de la confession: j’ai déjà chanté dans un band. Oui, oui, un band de Sorel même (mais ce n’était pas Malajube ou Mahjorbidet, heureusement pour eux, diantre). On s’appelait The Lesbian Kings (j’ai fais le logo - aussi crade que le nom peut le laisser entendre en effet - pendant un cours d’anglais au cégep, genre.

    D’ailleurs, le groupe n’a duré qu’une pratique. Pire encore, qu’une chanson. Pire encore, c’était une reprise: “When I come around” de Green Day (on était jeunes et naifs pis l’Internet venait d’ouvrir, mettons). À défaut d’avoir un “stand”, j’avais scotché mon micro sur un bâton de hockey. Pourquoi qu’une toune? J’sais pas. Je crois que c’est parce qu’un de nos potes venait de s’acheter Final Fantasy III pis ça à mal viré…

    Tout ça pour dire que The Lesbian Kings étaient destiné à se faire huer à Cégeps en spectacle ou pire encore, être ignoré à Emergenza. Mais nous, on n’a pas osé s’inscrire dans l’Histoire en sortant un disque (ou deux comme dans le cas de Gaudet). Bref à m’ouvrir aux critiques (qu’elles soient positives ou non).

    Tout ça pour dire que je n’ai pas le talent de Gaudet comme guitariste, mais d’aussi douces niaiseries m’ont convaincues (moi, moi et moi-même, le gars derrière un nom de band aussi tarte que The Lesbian Kings) que je pouvais écrire un meilleur texte de chanson. Voilà tout.

    C’est chien (surtout que c’est vraiment “ze” pièce qui m’a fait sortir de mes gonds cette année) et j’avoue me relire et ne pas être trop fier du ton de cette chronique (j’aurais jamais écrit ça dans un article, évidemment), mais je réécoute son disque - cette pièce en particulier - et je demeure convaincu que je peux le clancher côté mots. C’est triste (surtout après un premier disque qui était pas mal du tout), mais c’est ça.

    Un jour, quand j’aurais du temps libre (oh, le doux rêve), j’vais me pogner un orchestre (des volontaires!?) pis j’vais en enregistrer une pis Dominic Marleau et Mathieu Gaudet pourront finalement se foutre de ma gueule (quoique y’a plein d’autres raisons de me ridiculiser, demandez à mes exs… oooooooooooooooh).

  3. André de Sorel dit :

    PS: Ah pis d’la marde, fuck you Marleau! :-P

  4. Alain dit :

    Sa muse c’était le loft quessé tu veux !

    “Ici les murs ont des yeux…est-ce que j’suis bien peigné ?”

  5. André de Sorel dit :

    Compte tenu de la situation, c’était pas si pire comme toune. Mais le clip c’était l’horreur!

  6. Genevieve Venne dit :

    André, tu as écrit trois excellentes chansons, toutes avec le même titre évocateur de Geneviève Venne…Moi je trouve que ça clanche Mathieu Gaudet déjà côté source d’inspiration !!

  7. André de Sorel dit :

    On parle ici de…

    “Geneviève Venne > le reste du monde”,
    “Poke moi, Geneviène Venne” et le classique
    “Je t’aime, moi non plus… Geneviève Venne (DJ Champion remix)”

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