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Domino/Outside À 16 ans, Steve Reid avait déjà sa batterie, précocité qui devait le mener à travailler rapidement avec ce qui faisait de meilleur en soul, jazz et avant-garde. De James Brown à Sun Ra, de Miles Davis à Dionne Warwick. Toujours en activité depuis plus de 40 ans, Steve Reid élabore depuis quelques années une relation fructueuse avec Kieran Hebden (aka Four Tet), autre hédoniste mais de l’électronique cette fois. Après deux sorties relatant leurs expérimentations, Steve Reid s’adjoint un ensemble et propose avec Daxaar une version beaucoup plus élaborée de leurs pérégrinations tous azimuts. Insistant sur le lieu, Dakar, Steve Reid revient en Afrique après y avoir vécu quelques années et joué avec Fela Kuti pour mémoire. Sous la férule du New-Yorkais, le continent originel devient un terrain de jeu passionnant. L’ouverture plus traditionnelle de l’album se résume d’ailleurs à la Kora et la voix de Isa Kouyate, une introduction parfaite pour d’emblée planter le décor. Ici, le jazz se traduira par de longues pièces parfois plus africaines sur un fond permanent de funk, feutré dans des évolutions solitaires tout en retenue. Chaudron bouillonnant, dont les inspirations rappellent tantôt Miles Davis (Dabronxxar), tantôt Santana (Big G’s Family), pour le passage le moins convaincant, mais toujours court-circuité par les bidouillages intelligents d’Hebden. Daxaar réussit le pari de rester actuel en s’organisant pour garder les pieds sur la terre telle qu’elle se présente en ce début de siècle, une gageure par évidente pour tous. (AC)
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