CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
Miss scène locale
Le petit tavernier
Sunny Duval
Cabaret Fun Spot / Cheval Blanc
Semi-automatique
André Péloquin
Haute fidélité?
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
Satan en taxi
Foulosophie 101
Francois Gourd
Castor et Pollux
Télémathysme
Catherine Mathys
Belle bête
Du haut de la King
Dominic Tardif
Sherbrookoise chronique
Base art visuel
Julie Ledoux
«I have a dream that one day…»
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Pour passer mon clip à MusiquePlus…
Ondes souterraines
Stéphane Martel
Le syndrome Club Price
Du haut de la king
14 mars 2008
Dominic Tardif

Frayer trop souvent dans le milieu des bars mène souvent à des discussions assommantes, à se taper des monologues interminables de la part de guitaristes persuadés qu’un complot les empêche d’accéder à la scène du Centre Bell, quand ce n’est pas carrément des alcoolos déjà résignés qui ne vous prieront pas pour vous détailler l’imposture de la maudite machine musicale. Comme si la faillite de leur groupe noise-rock-post-punk-dance avait à voir avec Guy Cloutier (amateur avéré de noise). Comme la nature humaine n’est pas aussi désagréable que certains aiment la décrire, il arrive qu’on croise des écumeurs de bar de qualité, des garçons et des filles un peu perdus, des artistes sans cause ou bossant sur le même éternel projet. Les présences au bar deviennent la meilleure façon de s’enquérir de l’avancement de leur projet qui piétine et piétine et piétine. Jérémie Fauteux est ce genre de type. Chaque Sherbrookois, de Rock Forest à Fleurimont en passant par Lennoxville, est au courant que le gars planche sur un album depuis un bail. Personnalité peu cernable, avec sautes d’humeur et franchise flirtant avec l’insolence sont au nombre des raisons qui auront permis à certains persifleurs de traiter cette Bible du rock ambulante de frimeur. Ce sera peut-être chose du passé maintenant que Jéré (je l’interpelle par ce diminutif) est supporté par une frange particulièrement active de la scène musicale sherbrookoise expatriée à Montréal: Thomas Hébert, François-Simon Déziel et Julien Harbec de Misteur Valaire et Jérôme Dupuis-Cloutier, Le Citoyen en personne. D’après les quelques pièces entendues sur la page MySpace du projet nommé Pleasure Zone’s Boutique (www.myspace.com/pleasurezone101), il est déjà permis d’écrire que ce all-star band s’applique à canaliser la folie et le malaise existentiel post-adolescent du Syd Barrett de Sherbrooke. Tributaires de l’influence du grunge, les chansons de Fauteux sont porteuses de solides mélodies; merci aux claviers de Thomas Hébert. On pense au nerdz rock de Weezer à certains autres moments. Le projet n’est qu’embryonnaire pour l’instant, mais on souhaite à Jérémie Fauteux et à sa boutique de zones érogènes que ces collègues trouvent dans leurs horaires chargés un moment libre qui lui permettrait de discourir à mes oreilles encore longtemps quand je le croiserai dans un bar. Quant à moi, je ferai comme d’habitude, me prendre pour un autre parce que j’écris dans Bang Bang et m’imaginer que du haut de la King, ceux qui parlent dans mon dos me louent pour mon travail exemplaire de chroniqueur quand ils se disent sans doute plutôt: «non mais quand va-t-il se rendre compte que personne ne le lit?».

Pleasure Zone Boutique’s au www.myspace.com/pleasurezone101.

Un commentaire
  1. hux delux dit :

    Enfin un article qui vaut la peine d’être lu! Ma zone sensible vibre, frimousse et déborde de son enveloppe mal léchée.

Laisser un commentaire