10 avril 2008
Dominic Tardif
À l’intérieur du Tourne-livre, boutique de disques et de livres usagés sise au coin des rues King et Wellington (suffit de descendre du haut de la King), la ligne de basse du beat qui enterre les conversations des clients du Caffuccino, café contiguë au Tourne-livre, est vraiment irritante. Depuis quelques mois, le presque multinationale du café Caffuccino a ouvert une nouvelle succursale coin King-Wellington. Elle prend en quelque sorte le Tourne-livre en cuillère (ou en otage si vous voulez que je vous livre le fond de ma pensée). Pourquoi s’enflammer autant pour un pauvre café de centre-ville me dites-vous? Parce que le Caffuccino est au café bohème où idées s’entrechoquent et artistes se rencontrent ce que le East Side Mario’s est au resto new-yorkais. Passez n’importe quelle porte de n’importe quel Caffuccino de Sherbrooke à Magog (empire tentaculaire!), vous y entendrez partout la même musique, une espèce de son simili-branché qui rappelle un groupe hommage à St-Germain (si ça existe) ou les disques de relaxation offerts dans les postes d’écoute chez Jean Coutu. Compte tenu du peu d’artistes qui lancent des albums ici, il me semble qu’il ne serait pas trop difficile, dans les trop rares cafés présents sur Wellington, de placer leurs disques dans le lecteur et de retirer de ce même lecteur les édulcorants mortifères et succédanés qui font grincer des dents. On pourrait y faire entendre par exemple Dactylo Fidelity, projet musical de Mathieu Girard, qui lançait son premier album récemment. Petit buzz à Sherbrooke: le bougre a eu l’insigne honneur de voir son visage disséminé à travers la ville par le biais du journal Voir Estrie. Pièces de résistance (c’est le titre de la galette) propose des pièces rock et électro qui n’ont rien à voir, ô rien à voir, avec le beat d’ambiance abrutissant du Caffuccino. Comme il chante autant en anglais qu’en français, on le compare autant à Dumas qu’à The Cure. On espère que le musicien en inspirera d’autres et que Sherbrooke pourra compter sur de nouveaux artistes qui ambitionnent tout simplement de faire de la bonne pop-rock. On commence à avoir beaucoup de musiques de genres ici. On espère aussi que la présence envahissante et cavalière du Caffuccino au centre-ville inspirera un jeune entrepreneur à prendre leur contre-pied et à offrir aux caféïnomanes déambulant au centre-ville autre chose qu’un café en carton-pâte.
17 avril 2008
Une méchante bonne idée, Dominic!
Compte tenu du nombre de personne qui passe par le(s) Caffu(s), ce serait génial de saisir l’occasion pour faire connaître un peu le talent de Sherby (et au moins celui du Québec), plutôt que ces infâmes “Generic Lounge Mix Volume Quarante-Douze”..
Alors, qui va se faire embaucher là-bas pour partir la révolution musicale de l’intérieur?
17 avril 2008
Ouais, quelle atrocité. j’ai eu un choc en retournant à sherbrooke et en allant chercher un café au coin king well. pouah! comme je l’ai dit sur mon blog, je m’ennuie du presse boutique…
29 avril 2008
Cool cool que tu signes des chroniques de sherbyville !!!
Marie,
30 avril 2008
Que de vérité !
Je dois avouer que l’implantation de cette franchise en plein coeur du centre ville est une réussite considérable pour les entrepreneurs … voila enfin une raison pour les gens d’affaires de restés au centre-ville pour leur 5 a 7… (plutot que de monter la côte au Mondo..) tss.. Tout ca pour dire que j’crois malheureusement que la musique est régie par la maison mère…
Dommage que le nouveau point d’allées et venues à Sherbrooke soit ce “Caffu” , pourquoi on se déplacerait pas en masse pour aller voir un show au téléphone rouge, ou redécouvrir le Granada, qui a tant d’histoire et de diversité à offrir..??!