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Reportages et entrevues
Né des cendres du duo Jacobus et Maleco, le quatuor d’origine acadienne Radio Radio a commencé à faire du bruit l’an dernier à la suite du lancement d’un maxi rafraîchissant (Télé Télé) aux confluents de l’électro et du rap. Suivant les mêmes sillons, la bande y va maintenant d’un premier album complet, Cliché hot. Pour les deux MC (Jacobus et Tymo) et les deux producteurs (Tekstyle et Lekx), tout a commencé avec le départ impromptu de Maleco. «Il avait d’autres plans dans la vie, d’autres intérêts. Il avait envie de faire autre chose que de la musique», affirme d’entrée de jeu Jacobus. «Lorsque qu’il a décidé de quitter, des nouvelles idées ont jailli de mon esprit. Je désirais proposer une nouvelle recette: de nouveaux beats, une approche plus électro, plus fresh. À la base, je suis un artiste et je voulais offrir aux gens un produit encore plus éclaté», poursuit-il. C’est lors d’une soirée à Moncton que Jacobus fait la rencontre de Tymo. Les esprits se rejoignent et c’est alors que le projet Radio Radio prend forme. Mais au fait, d’où vient-il ce drôle de nom? «C’est une sorte d’hommage à la radio», explique Tymo. «Je considère qu’il s’agit d’un outil important de communication internationale. Un outil qui stimule l’imagination du peuple. Tout le contraire de la télé qui la domine complètement. De plus, je trouve que c’est assez organique comme mot. Puis, on le comprend partout à travers la planète. Que tu sois en Afrique, au Brésil, en France ou en Chine, le mot est connu. On a choisi un beau mot qui passait partout», poursuit-il. Au goût du jour Pris sous l’aile du label montréalais Bonsound (Creature, Yann Perreau), le quatuor de Moncton a voulu s’imposer en recyclant des clichés afin de les rendre… hot! «À la base, Cliché hot était le titre d’une chanson. On ne s’est pas demandé pendant deux semaines comment on allait intituler l’album. Dans le fond, on voulait remettre les choses désuètes au goût du jour. On voulait rendre hot ce qui ne l’était pas. Pas nécessairement être la mode, mais plutôt faire la mode. En passant, ne jette surtout pas tes vieux chandails de laine avec des motifs de rennes, car ils vont revenir à la mode un de ces jours!», prévient Jacobus. Briser la barrière de la langue Métissage d’anglais, de français et de vieux parler français du XVIIe siècle, le chiac est un langage hybride propre aux Acadiens de l’est du pays. «Au fil des ans, plusieurs études et thèses ont été écrites à propos de la structure du chiac, mais en gros, c’est une langue constituée de mots anglais francisés, C’est-à-dire qu’on met des accents aigus à la fin des termes anglais. Ce n’est pas quelque chose qui est arrivé par hasard. Depuis 250 ans, l’anglais règne ici. Je n’ai pas grandi avec Watatatow, mais plutôt avec The Fresh Prince Of Bel Air!», raconte Tekstyle, un sourire dans la voix. «On a littéralement été submergés par la culture anglophone pendant plusieurs années. Ça ne fait pas longtemps que les Acadiens parlent français. En 1970, dans le downtown de Moncton, on ne parlait pas un mot français. Du côté linguistique, ça n’a jamais été facile dans notre coin. On s’est battus pour avoir des universités et des écoles en français. On a fait beaucoup de chemin au niveau de la langue de sorte qu’aujourd’hui, on peut se faire servir en français et on peut vivre en français dans notre patelin», renchérit Jacobus. Lutter contre l’adversité La vie en rose Qu’on se le tienne pour dit, les potes ne sont pas là pour se lamenter, ni pour se prendre la tête. «Si on écrit des textes plutôt comiques, c’est parce qu’on aime voir le côté humoristique de la vie et des choses. On aime voir la vie en rose, si tu veux! On travaille tous et à la fin de la journée, on se réunit pour faire de l’art ensemble. Pas pour déprimer ensemble. Je considère qu’il faut avoir un bon esprit pour faire de l’art», explique Jacobus. Ondes universelles Jacobus conclut: «On fait de la musique parce qu’on aime avoir du fun. Ça ne nous intéresse pas d’arriver dans la face des gens avec un gros message politique. On adore ce qu’on fait et on sent que la vibe est positive. Il faut dire que la musicalité unique de l’accent acadien nous aide beaucoup. Pour nous, à présent, il n’y a pas de limite.» Vous voilà prévenus. (Stéphane Martel) Cliché hot en magasin dès le 13 mai www.myspace.com/laradioradio 30 avril – Café Campus (Montréal)
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