11 juillet 2008
Dominic Tardif
Universal/DEP
Prototypes n’a jamais livré son message en de longues logorrhées textuelles, pourtant il arrive à en dire encore plus en moins de mots sur Synthétique. On nous n’y apprend rien: les vraies relations humaines sont de plus en plus rarissimes, le sexe facile a remplacé l’amour, l’apparence est désormais une fin en soi. Sur des rythmes synthétiques (!!!), moins rock que sur certaines pistes des albums précédents, Prototypes distille un univers de gelés où tout le monde s’étudie. L’attitude d’Isabelle Le Doussal, la chanteuse, poseuse et se moquant des poseuses d’un même élan, est en ce sens significative. La fille a de la dégaine; une grande sœur spirituelle de Yelle, à la différence qu’elle crache et qu’elle jure. On pourrait reprocher à Prototypes l’originalité relative de son projet, surtout en ce qui concerne les sonorités électroclash, mais ce serait ne pas tenir compte de son parcours dans lequel s’insère logiquement Synthétique. «La vie c’est extraordinaire / surtout lorsqu’on l’aborde avec des somnifères», peut-on entendre sur L’amour, l’amour, l’amour. Cela résume à merveille la posture de fêtards blasés et amers, mais indécrottables fêtards malgré tout, de Prototypes. (DT)
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