2 octobre 2008
André Péloquin
Pop Montréal, le plus bordélique, mais aussi le plus excitant des festivals musicaux du Québec, est de retour pour une septième année! Du 1er au 5 octobre, Montréal fait pop: 400 artistes d’ici et d’ailleurs viennent chauffer planches d’une cinquantaine d’endroits – oscillant entre le bar crade, le lieu pieu et même le cinéma érotique – lors d’un véritable marathon de concerts et d’événements parallèles (la joyeuse bande innove encore cette année en accouchant de Kids Pop, un volet pour les familles arborant couches, vestes de cuir et le col en V). Pop Montréal, c’est aussi – et surtout – une chance de vivre une semaine dans la peau d’André Péloquin alors qu’il se catapulte d’une salle à l’autre telle une boule de flipper… à laquelle tu aimerais faire l’amour, bien sûr. Tu veux avoir l’air cool et dégourdi? Suis son parcours! Tu vas sûrement y découvrir des suggestions de sorties (et de sujets à aborder dans ton blogue) en plus d’avoir le privilège de te glisser dans le cervelet d’André Péloquin, l’homme, le mythe, le twit qui parle de lui à la troisième personne.
Le 1er octobre
Bien sûr, le journal qui te tache présentement les doigts n’est paru que le lendemain, mais c’est tant mieux. C’est une erreur de débutant que de se pointer le premier jour d’un festival et comme tout le monde se la joue fashionably late ces jours-ci, il faut pousser d’un cran. Mais bon, si t’insistes, va voir Half Baked, Parlovr et compagnie au Cabaret Mado (1115 Sainte-Catherine Est) dès 20h si t’aimes ton rock local et éclaté. Sinon, y’a Winter Gloves à 21h. En première partie de You Say Party! We Say Die! à La Tulipe si tu préfères la pop nerveuse. Si t’as plutôt le spleen dans le fond de la gorge (c’est correct, André Péloquin est lui aussi près de ses sentiments), y’a Vetiver et la sirène folk Katie Moore à la Sala Rossa (4848 Saint-Laurent).
Le jeudi 2
Ça commence au O Patro Vys (356 Mont-Royal Est) avec l’indie pop saccharinée de The Bicycles vers 23h30. Peu importe ce qui arrive, dis à tes potes que sa première apparition à Pop (y’a un an ou deux avec Mahjorbidet à l’Hémisphère Gauche) était meilleure. C’est très «je suis à l’affût»… et particulièrement pédant, mais bon. Puis, fais un bond au Benfica (100 Bernard Ouest) pour zieuter les Lovely Feathers en action. Pourquoi? Parce que tout le monde aime l’indie rock livré avec urgence et que ça fait un bail qu’on ne les a pas vus sur scène. De plus, comme les gars sont mignons (André Péloquin sait apprécier la beauté des gens… sauf celle des garçons roux), cette prestation représente aussi du matériel de choix pour la section photographique de ton Facebook.
Le vendredi 3
Ça se corse! Si tu veux entendre de l’indie pop sensible, opte pour Shugo Tokumaru au O Patro Vys dès 23h30. Il ne réinvente pas la roue, mais le type est Japonais, donc on ne le reverra pas de sitôt. Si tu carbures à l’électro rock, y’a Ratatat à la même heure au Club Soda. Pourquoi? Jette un œil à ma biographie du groupe dans le programme du festival pour tout piger. Dans le registre, «groupe d’ici à surveiller de près», y’a Crystal Moustache au Saphir (3699 Saint-Laurent) à 22h. Le nom du projet est terrible, mais la musique, elle, est excellente tout en étant psychédélique, mais pas trop. En parlant de zizique entraînante, y’a Teki Latex de TTC aux Foufs. Passe ton tour. Va plutôt au Café Campus (57 Prince-Arthur Est). Les gars de Radio Radio y jouent les DJs, DJs.
Le samedi 4
Au moment où tu te dis «Crisse de festival ridicule, y’a ben trop de stock. J’en ai déjà marre. C’est trop. Fuck it, je reste à la maison», André Péloquin, tel l’Archange Gabriel, t’envoie un courriel qui te fait écarquiller les yeux. «Quoi? Y’a Black Kids qui se ramène finalement les fesses au Cabaret (2111 Saint-Laurent) en plus de Spiral Beach et sa joie contagieuse au Bar St Laurent 2 (5550 Saint-Laurent) vers minuit. Hilotrons et son new-wave catchy aux 3 Minots (3812 Saint-Laurent) vers 1h du mat’ ainsi que Beach House et d’autres projets folk tristounet à l’Église de l’Immaculée-Conception (1855 Rachel Est)? Pop Montréal, je te hais.»
Le dimanche 5
Tu manques Tout le monde en parle, mais t’as de sacrées bonnes raisons: Adventure te rappelle ta jeunesse scotchée devant le Nintendo avec ses compositions 8-bit dès minuit au local de l’Association Portugaise (4170 Saint-Urbain). Une heure avant, y’a les Sainte Catherines en prestation aux Foufs (87 Sainte-Catherine Est). Si tu veux choper de l’acouphène ou une drôle de maladie avec une fugueuse, c’est l’occasion et l’endroit rêvés. À noter qu’on y projette aussi leur inspirant documentaire The Soda Machine avant le concert.
Dans la mire: Michèle O
Elle ne participe pas à Pop Montréal cette année, mais prenons de l’avance pour l’édition 2009. Michèle O est une auteure-compositeure-interprète qui compose des chansons folk sans prétention (mais tout de même primées lors du FRIMAT 2007), dans la même gamme que celles de Kimya Dawson (Moldy Peaches, la trame sonore de Juno, etc.) et Milie Croche avec ses mélodies contagieuses ainsi que ses textes parfois terre-à-terre, souvent imagés. En concert le 7 novembre à la Maison des arts de Laval.
www.myspace.com/omichele