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Reportages et entrevues
Après vingt ans à piocher un punk rock mélodique qui a aujourd’hui fait école, les membres de Pennywise ont voulu réinventer leur approche. Sans pour autant adoucir la donne comme plusieurs de leurs congénères, les Californiens, tous bien ancrés dans la quarantaine, ont plutôt été aux antipodes des pulsions pop – vers quelque chose d’autrement plus abrasif. En processus, ils ont par ailleurs délaissé leur label (Epitaph) après dix-huit années de loyaux services pour se tourner vers le tout jeune MySpace. Et ils ont décidé de donner gratuitement le nouvel opus, Reason to Believe, sur le site de leur nouveau label d’accueil, tel un juste retour des choses selon les principaux intéressés. Le très loquace Randy Bradbury, bassiste de la formation, nous explique les grandes lignes de leur démarche et jette par ricochet un regard sur les enjeux et remous politiques qui contaminent leur rage et leur musique. Aujourd’hui comme hier. Tout pour les fans Ainsi faut-il, selon le musicien, intervenir sur le terrain sans toutefois chercher à abattre la bête. L’industrie doit plutôt chercher à l’inclure dans l’équation, à en extraire les nouvelles avenues qu’elle offre. Du coup, l’idée de distribuer une première version de l’album gratuitement devenait non seulement plausible mais pertinente. «Nous sommes fiers de l’album et sommes d’autant plus excités à l’idée de le partager avec les gens qui nous supportent depuis plusieurs années. Il y a un peu de cela aussi. Certains de nos fans nous suivent depuis près de vingt ans, c’est un peu une forme de remerciement. Lorsque les gens du nouveau label nous ont approchés, l’idée germait depuis un bon moment et nous avons négocié, parfois à couteaux tirés, pour en arriver à un accord. C’est devenu une soupape par laquelle notre principal argument fut certainement d’honorer les fans.» Quelque chose nous dit que personne ne s’en plaindra. Musique symptomatique Du coup, les thèmes abordés, au même titre que la musique, ne dévient pas trop eux non plus du «corps d’étude» de la formation née des cendres de la vague punk californienne de Minor Threat et TSOL. Et avec les secousses qui sévissent sur le plan politique et social chez nos voisins du Sud actuellement, tout semble les appeler à poursuivre leur quête. «Les questionnements évoluent suivant l’éducation. Il y aura toujours de bonnes raisons d’être enragé mais avec les années, ça devient plus un moteur à vouloir accomplir quelque chose en réaction à cette rage. Il est aussi question de mieux cerner les enjeux des problèmes, du pourquoi l’on se sent d’une certaine façon face à telle situation. Et ce n’est plus un secret pour quiconque: l’administration au pouvoir n’a clairement pas les intérêts des citoyens à cœur.» Une époque qui plante donc fermement un décor et une musique qui en devient sa trame sonore. Et ce bien qu’il soit désormais convenu d’émettre un statement anti-Bush. «Il fallait effectivement composer avec le facteur de mode qui y est rattaché, penser à une nouvelle approche sous peine de sombrer dans les clichés pop. Nous ne voulions surtout pas nous acharner sur des questions déjà révolues. Et si les gens ont l’impression que nous réécrivons la même chose depuis 20 ans, ils n’ont qu’à se questionner sur l’évolution des enjeux. Nous parlons tout de même de ce qui nous entoure.» Et des raisons d’y garder espoir. (Stéfane Campbell) Reason to Believe téléchargeable gratuitement dès le 25 mars 2008 au www.myspace.com/pennywise.
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