CHRONIQUES
L'abominable homme des cons
Simon Jodoin
L’inconfort et la différence.
Le petit tavernier
Sunny Duval
Coney Island / Manitoba’s
Semi-automatique
André Péloquin
Stephen Harper est ton ami
Un pied dans bouche
Ed Hardcore
UN PIED DANS TOMBE : Odeur à Véronique #1
Foulosophie 101
Francois Gourd
Vivent les vieux
Du haut de la King
Dominic Tardif
Cœur de pirate : L’amour existe encore
Base art visuel
Julie Ledoux
7 et ¾ bonnes raisons
Je zappe et je matte
Jean-Nicolas Labrie
Été Hit
Ste-Barbe
Mike Bergeron
Folie automnale
Base Art Visuel
11 juillet 2008
Julie Ledoux

Ottawa n’est qu’à quelques petites heures de Montréal et l’occasion de voir deux expositions uniques vous conduira dans cette grande ville où les débits de boisson ferment à l’heure où la fête commence. L’été sera chaud dans la région de la capitale nationale avec deux expositions nous rappelant les désastres auxquels se sont livrés les disciples d’Hitler. De quoi en avoir des frissons dans le dos… Tout d’abord, au Musée canadien de la guerre, l’expérience de Médecine mortelle – Créer la « race supérieure » vous laissera avec un goût amer sur la langue et l’estomac à l’envers. L’exposition rassemble plusieurs objets et artefacts ayant servi lors de la période 1933-1945 aux nazis dans le but de créer une race supérieure, aryenne. L’eugénisme que le gouvernement nazi a mis en place dans ces années-là aura entraîné la mort de millions de Juifs lors de l’Holocauste et de milliers de «malades mentaux» ou de personnes «physiquement inaptes à se reproduire». L’eugénisme a aussi trouvé une place en Amérique du Nord, dans quelques États américains et même dans deux provinces du Canada. Pour comprendre ce phénomène lié aux expériences médicales de l’Allemagne nazie, rendez-vous au Musée canadien de la guerre et, par la même occasion, découvrez l’exposition Les années 1930. La fabrique de «l’Homme nouveau» au Musée des beaux-arts du Canada. Cette expo retrace l’évolution de deux concepts opposés nés dans les années trente: l’homme dégénéré ou malade mental face au surhomme ou l’homme nouveau. Les artistes européens ont travaillé énormément sur ces deux thèmes, laissant derrière eux des œuvres d’une grande sensibilité mais exposant des actes parfois effrayants. Retrouvez dans cette exposition des œuvres de Ernst, Picasso, Dalí, Giacometti, etc. Les deux expositions se poursuivent respectivement jusqu’en novembre et septembre.

La Triennale québécoise Rien ne se perd, rien de se crée, tout se transforme a pris son envol fin mai au Musée d’art contemporain de Montréal. Une exposition de grande envergure réunissant pas moins de 38 artistes de la scène artistique québécoise et 135 œuvres commises par ces mêmes artistes. Du jamais vu à Montréal. Une expérience enrichissante pour tous puisque pour tous les goûts, il y a. Les meilleurs moments de l’expo sont probablement les courts documentaires War Tourist d’Emanuel Licha qui nous permettent de découvrir des villes déchirées, abandonnées, détruites comme Sarajevo, Tchernobyl ou encore la Nouvelle-Orléans. De très beaux documentaires, réalistes et laissant de côté un certain sensationnalisme que l’on retrouve parfois dans ce type de documents visuels. Patrick Bernatchez nous surprend aussi avec sa tempête de neige dans un bureau, nommée I feel cold today, ou encore avec Chrysalides qui reste toutefois un peu plus pamphlétaire. La subtilité du premier film me semble beaucoup plus innovatrice quoique la noyade du second vaille le détour! À voir aussi, les prisonniers filmés et photographiés par Romeo Gongora: très touchant et parfois troublant. Ne pas manquer le travail de Gwenaël Bélanger (Tournis et Le Faux Mouvement) ainsi que les dix spots publicitaires créés par un échantillon d’artistes présents à la Triennale (Bélanger, Bernatchez, Eno, Hoffmann, Middleton, etc.). Côté dessin, voir Adrian Norvid et ses hippies vieillissants: amusant et pathétique. En terminant, ne manquez pas l’installation From Below de David Armstrong Six.

Qui a dit qu’il n’y a que des festivals l’été?

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