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Reportages et entrevues
26 février 2008
Martin Véronneau

On dira ce qu’on voudra sur le programme d’enseignement qu’offre l’école à nos jeunes, les cours de français du secondaire ont certainement permis de donner naissance à au moins un artiste: Online.

Celui qui baigne dans l’écriture depuis maintenant six ans a été amené sur cette voie lors d’un cours où il devait écrire un poème. «Il fallait lire notre poème devant la classe et j’ai eu une grosse réaction. C’est ça qui m’a donné le goût de l’écriture.» De fil en aiguille, Jonathan, c’est son vrai nom, se fait convaincre par ses amis de continuer à écrire en faisant du rap. Il rencontre d’autres rappeurs et fait des concerts qui sont chaque fois un tout petit peu plus gros. En chantier depuis deux ans, c’est finalement au mois de septembre dernier qu’il a pu voir son premier album Musique d’amour sur les tablettes des disquaires. «Je voulais sortir un album le plus tôt possible car j’étais rendu là. J’en avais pas mal à dire et il y a eu plusieurs événements marquants dans ma vie, notamment mon passage au Téléthon Enfant Soleil où j’ai remporté un concours dans la catégorie auteur-compositeur-interprète.» Loin d’être bâclée, une telle production peut-elle tout de même manquer de profondeur et de maturité lorsque le principal intéressé n’a que 17 ans quand il débute l’écriture des textes? «La maturité vient certainement avec l’âge, mais surtout avec ce que tu vis. J’avais assez de vécu pour écrire un premier album. Je ne commencerais pas l’écriture du deuxième tout de suite parce que je n’ai pas l’impression d’avoir réellement de quoi à dire de nouveau maintenant. Faut avoir envie de faire ça. Je n’écris pas sur le coin d’une table, il faut que je sois dans le mood… Y’en a qui font de la musique, d’autres font du sport. Faut que tu sois animé par ce que tu vis.»

Quel est le parcours de ce jeune rappeur de Villeray qui, de son propre aveu, aurait pu aussi bien finir dans un groupe rock? «C’est en secondaire 2 que des amis m’ont dit: “Pourquoi t’écrirais pas du rap?”. Je ne me suis pas dit que je voulais faire du rap, je voulais juste écrire. Je n’avais pas de parti pris, j’écoutais plein de genres de musique. J’écoutais ce qui jouait à la radio à ce moment-là. Alors j’écoutais entre autres Dubmatique! Je connaissais toutes les paroles par cœur. Le rap était à la mode. Quelque part, que tu fasses du rock, du punk ou du rap, tu fais ce qui te rejoint le plus. Dans ce temps-là, on ramassait un peu d’argent à gauche à droite, on se trouvait un petit 40 piasses pour aller en studio, parce que ça coûtait 20 piasses de l’heure… On revenait à l’école avec une première version qu’on faisait écouter et c’est comme ça que ç’a commencé!» Deux mille albums plus tard, Online passera le mois de février en France où il a été invité à performer auprès des rappeurs El Matador et Brasco. Souhaitons beaucoup de succès à ce petit gars bien de chez nous. (Martin Véronneau)

www.onlinelesite.com

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