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Reportages et entrevues
Le rendez-vous est fixé pour 14h, à leur local de pratique, situé à l’angle des rues D’Iberville et Dandurand. Comme je suis un peu nerveux à l’idée de rencontrer les gars (on parle quand même de l’un des meilleurs groupes québécois du moment, non pas des Parfaits Salauds), j’ai joué trop safe, je suis arrivé à… 13h20. Bravo Einstein. Après avoir chillé un brin sur la splendide promenade Masson, je me pointe finalement au local, à l’heure prévue. Ça y est; je suis dans l’antre de la bête. J’entre dans le local, tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Déjà, je sens une vibe des plus sympathiques, personne ne joue la grosse tête ici. Martin le bassiste m’offre une bière, une bonne Mooshead tablette. Je l’accepte. On s’installe dans le milieu du local. Tout de go, je mets cartes sur table. - Ça vous dirait les gars, qu’au lieu d’une simple entrevue standard questions-réponses, je vous pitche des sujets de discussion plus généraux, et qu’on en jase ensemble? On aime ça au Bang Bang faire différent. Même pour vous, un moment donné, les questions que l’on vous pose doivent finir par se répéter… Voici donc le fruit de nos échanges. Je suis bien content que le groupe ait accepté ma proposition, car au moment de mettre sous presse, j’ai pu lire le blitz d’entrevues que le groupe a donné dans les autres médias écrits, et comme Bang Bang aime ça se démarquer… Ce que les gars de Karkwa ont à dire …sur la situation actuelle du rock au Québec LOUIS-JEAN (chant, guitare): Le rock se porte bien, on entend d’ailleurs le drummeur du local d’à-côté, lui se porte très bien en tout cas! (NDLR: on confirme…une vraie pieuvre) Étant juriste pour les actuelles Francouvertes, je peux confirmer que ça va bien pour le rock. Il y a un bel esprit de communauté entre les groupes rock d’ici, on se retrouve souvent à faire des shows avec Malajube, Les Breastfeeders, Galaxie 500. Toute cette gang-là se tient, même si on n’est pas nécessairement des grands chums, on se tient quand même. C’est un esprit qu’il n’y avait pas les années précédentes. STÉPHANE (batteur): Depuis quelques années, il y a comme un band-boom. FRANÇOIS (claviers): C’est vrai il y a plusieurs groupes, mais chacun a un style précis, unique. Ça ratisse large le rock quand même. …sur le statut actuel de Montréal à l’international LJ: Quand on est ici à Montréal, on sent qu’il y a une certaine effervescence. Quand tu sors vraiment de Montréal et du Québec, on le sent encore plus. Il y a des gens qui viennent nous voir jouer dans un bar rock à Paris juste parce qu’on est un groupe de Montréal et qu’on chante en français. C’est le genre de buzz qui dure assez longtemps, un peu comme celui autour des groupes nordiques. F: Je ne pense pas que les musiciens de Montréal et les groupes d’ici vont soudainement devenir mauvais. Un moment donné, il va y avoir quelque chose ailleurs, les gens vont focuser là-dessus, mais il n’y a aucune raison pour que ça devienne mauvais à Montréal. S: À Seattle, les infrastructures sont restées les mêmes après que le grunge soit passé. Si dans 10 ans Montréal n’a plus la cote, je ne pense pas que le Divan Orange va fermer pour autant. F: Y reste qu’il y a un son particulier et propre à Montréal. LJ: Un son plus montréalais que canadien, moins rock agricole. …sur le fait qu’un artiste s’exprimant en français puisse percer le marché américain LJ: En ce qui nous concerne, on y croit, mais c’est évident que Karkwa ne deviendra pas la grosse affaire. Mais si on peut s’ouvrir un petit chemin, faire le tour du circuit plus underground… J’ai comme l’impression que les barrières de langues, ça existe de moins en moins. Tu vas aller voir un show de Lhasa, on va tous brailler même si personne n’a compris un seul mot. F: Les Américains ont toujours aimé la musique française. Quand tu écoutes Blonde Redhead, tu sens que le groupe a pigé certains éléments de cette musique-là. JULIEN (percussions): On ne reconnaîtra jamais assez l’importance d’artistes africains qui ont ouvert une porte sur la chanson française à l’international. Même chose pour La Compagnie Créole: ils chantent en français, mais ils sont connus partout dans le monde. LJ: On parlait davantage du marché américain Julien… Je ne suis pas sûr que La Compagnie Créole soit très big en Allemagne mettons. J: Tu serais surpris! S: Même si tu te tapes une tournée de bars déficitaire, épouvantable sur le physique, c’est quelque chose de faisable aujourd’hui. Les Breastfeeders vont jouer de façon régulière aux États-Unis. … sur le format disque compact qui va finir par disparaître LJ: Je ne sais pas à quel point il ne restera plus de support physique. Ce qui est certain par contre, c’est que les mélomanes vont toujours rester, tu ne tueras pas un mélomane. Peut-être que le vinyle va revenir en force, qui sait? S: Avec le vinyle, tu redécouvres un album en entier, et non pas pièce par pièce. Quand tu pars le vinyle, tu le laisses jouer, tu es moins tenté d’aller changer de toune, déplacer l’aiguille, tandis qu’avec le disque compact et le iPod, ça va beaucoup plus vite… LJ: Rien ne peut accoter le vinyle en matière de pureté de son, c’est un fait. Tu vis la musique. On va d’ailleurs essayer de sortir nos albums en vinyle, mais il faut passer par les États-Unis pour le pressage. …sur les inévitables comparaisons entre le son du groupe et celui de groupes britanniques F: Si ça peut aider l’auditeur à se faire une idée sur notre musique, moi j’ai aucun problème avec ça. LJ: Karkwa, ça peut ressembler à du Radiohead, c’est vrai. Tant qu’à ça, tu peux prendre Gilles Vigneault, Bob Dylan et Steve Reich, les mélanger et en bout de ligne, ça peut finir par ressembler à du Radiohead! Par contre, à mon avis, le dernier disque qu’on vient de faire s’éloigne encore plus de ce son-là, de la comparaison. Tant qu’à moi, on fait du Karkwa. S: Si tu prends Radiohead, eux aussi ils ont des influences. C’est sûr qu’ils ont écouté du krautrock allemand des années 70. Certaines de leurs chansons, ça sonne carrément Can. On est tous influencés par quelque chose. …sur le fait que Le volume du vent est, selon votre humble narrateur, un excellent disque J: Yes! LJ: Ça fait du bien ça! (Jean-Nicolas Labrie) Le volume du vent en magasin depuis le 1er avril 17 avril – La Chasse-Galerie (Lavaltrie)
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