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Reportages et entrevues
2 décembre 2007
Arnaud Cordier

Vague fluo et paradis des posterboys, le nu-rave semble maintenir le cap alors que de l’avis des sceptiques de la première heure, le phénomène ne verrait pas la fin de 2006.
De Londres à Sydney, de Paris à Montréal, les métropoles en ébullition déversent leurs bandes insouciantes façon Huns. Barbares au bpm sanglant et, pour certains, rock abrasif à souhait, les Justice, Klaxons et Presets de ce monde ont pris les rênes d’un mouvement qui suscite convoitises mercantiles en tout genre (téléphonie, technologie, fashion…), emphase médiatique et rassemblements au jeunisme criant. Dérive dérangeante et apanage des temps modernes, la récupération commerciale à outrance de ces faiseurs d’hymnes en énerve plus d’un. D’autant plus que la question obsédante en est sa déliquescence à court terme à force d’excès d’arrogance. Combien de temps va durer cette recette basique qui promeut la consanguinité à coups de remix? Encore longtemps à en juger par la vigueur des sorties, des innombrables tournées du genre et l’avidité auditive des amateurs.

Et la musique là-dedans? Ben elle n’est pas en reste, hybride à forte tendance technoïde, les pères de cette nouvelle rave (Daft Punk, LCD Soundsystem, Soulwax, Felix da Housecat, Miss Kittin & The Hacker…) ont pris soin de léguer une forte inspiration issue en droite ligne des années 80, de la cold à la new wave, de l’eurodance au punk à la Detroit techno. Une somme de croisements pour une musique devenue bâtarde à force de coucher avec n’importe qui.

La répartition géographique des talents est également la preuve que ces petits malins proviennent d’une génération d’impatients, élevés devant un écran d’ordinateur et qui ont assimilé les mécanismes actuels de promotion de soi à une rapidité effrayante. De blogues en blogues, de webzines spécialisés en réseaux d’échange et forums, le nu-rave est avant tout viral. Impossible de dresser une liste exhaustive des lieux propices et membres actifs de cette nouvelle fratrie internationale mais au moins vous aurez une idée un peu plus précise pour vous engouffrer dans le techno glam, disco house, techno rock, club psychédélique… À vous de choisir l’étiquette.

Figure de proue incontournable, la France semble se régénérer chaque mois grâce entre autres à des labels comme Ed Banger (Busy P, Justice, SebastiAn, Mr Oizo…), Institubes (Das Glow, Para One…), Kitsune (vivier impressionnant avec leurs quatre compilations Kitsuné Maison) et des clans très recherchés comme les Fluokids.
L’Angleterre et son club mythique Fabric torpillent également les planchers avec une horde inarrêtable (Erol Alkan, Klaxons, Simian Mobile Disco, Hadouken!, The Whip…).
L’Australie a aussi joint les premiers rangs (The Presets, Midnight Juggernauts, TV Rock, Ajax, Riot In Belgium, G.L.O.V.E.S.…).
La Belgique (Soulwax, Goose, The Glimmers…) reste encore un passage obligé. Jetez un coup d’œil au line-up du festival I Love Techno 2007 et vous comprendrez pourquoi.
Non loin, l’Allemagne demeure une valeur sûre (Ellen Allien, Apparat, Digitalism, Boys Noize…), havre propice pour tout DJ qui se respecte.
Quant au Canada, il n’est pas en reste. Derrière Tiga (Turbo Records) et les MSTRKRFT, des formations, soirées thématiques et collectifs promulguent la bonne parole à Montréal et Toronto principalement (Crystal Castles, Femme, Nu Ravers On The Block, I Love Neon…).

Alors enfile ton attirail vestimentaire trendy, n’oublie pas ton cell, ton iPod, facebooke tes amis ou myspace-les et donne-leur rendez-vous comme tu fais d’habitude, tu es prêt à rêver.

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