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Naïve Définitivement, la fascination de l’Hexagone pour l’americana ne se tarit pas. Après Blueberry et Lucky Luke en BD, Johnny Hollyday brillant sur la scène gériatrock’n’roll et Luc Besson en fin de carrière, voici Rosemary Moriarty et ses cinq collègues qui s’invitent auprès des Julie Doiron, Calexico et autres cow-boys du folk. Privilégiant une approche intimiste (voire rachitique, voire «t’as “à la bonne franquette”, t’as “être cheap” et t’as Moriarty) des mélodies, Rosemary comble admirablement le vide à l’aide de sa voix chaude, parfois blues, souvent jazzy (les chansons Jaywalker (Song for Beryl) et Fireday sont d’ailleurs d’excellents exemples des prouesses orales de la dame). Côté textes, on est néanmoins loin du Klondike. On se rapproche plus du Dust Bowl du cliché (la pièce Jimmy et ses légendes gnagna de buffles savants sonne notamment faux aux oreilles en plus de faire rouler des yeux… et que dire de White Man’s Ballad). Bien que l’œuvre ne soit pas si mal, le sextette a toutefois une compétition redoutable (autant à l’international que plus près de chez nous avec les Katie Moore, Carl-Éric Hudon, United Steel Workers Of Montreal, Lake Of Stew et j’en passe… beaucoup même). J’aurais aimé terminer avec un gag vraiment mauvais sur Sherlock Holmes, mais Drifting Letter Office m’a enlevé le goût. C’est tout dire. (AP)
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