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![]() Au moment de faire la promotion de son premier album en tant que Monsieur Mono, Pleurer la mer morte, Éric Goulet disait à la blague qu’il avait voulu enregistrer «le disque le plus triste au monde» et pour cause, il n’y avait pas quoi rire. De retour avec Petite musique de pluie, Goulet assure que l’orage est passé, même si encore une fois, il n’y a pas de quoi rire. «Je préfère observer le côté obscur des choses», nous confie-t-il lorsqu’on lui demande d’où lui vient ce penchant si marqué pour la ballade d’écorché vif et la complainte spleenétique. Même si aucun album signé de la main de Goulet n’avait jamais été marqué du sceau de la jovialité, la surprise avait été de taille au moment de la parution de Pleurer la mer morte, album que Goulet avouait sans ambages avoir créé pour s’extirper d’une rupture particulièrement éprouvante. Le chanteur qui peinait à concevoir que l’album allait trouver preneur allait être pris au dépourvu. «On a vendu les 500 exemplaires en deux, trois jours». La suite surprend encore le principal intéressé. Le succès du premier effort supposait évidemment un deuxième album. Et pour ce faire, il fallait contourner l’écueil que constituait la tentative d’écrire un Pleurer la mer morte numéro 2. «Ça n’aurait pas été honnête avec le public. J’ai simplement essayé de prendre les éléments réussis dans cet album-là et de pousser ça d’une coche.» Pas de changement majeur cependant. «J’ai enregistré de la même façon, avec plus d’équipement. J’ai plus poli, c’est moins brouillon.» Reste que Goulet n’a pas cédé à la folie des grandeurs que peut supposer la signature avec une maison de disques de l’envergure d’Audiogram, lui qui a préféré tout enregistrer en solitaire, cédant à la tentation d’une collaboration que pour étayer ses chansons de cordes ou pour enjoliver sa chanson Comme en temps de guerre de la voix d’Ariane Moffatt. Son duo avec Mara Tremblay, L’amour fait mal, en avait remué plusieurs. Petite musique de pluie comporte d’ailleurs encore une fois une reprise, L’espace d’une fille, interprétée à l’origine par Jacques Dutronc, bien qu’il ne s’agisse pas, comme c’était le cas pour L’amour fait mal (Love Hurts) d’une traduction. Goulet voulait en fait inclure à Petite musique de pluie sa version d’All Tomorrow’s Parties du Velvet Underground, Le grand bal du dernier soir, qu’il interprète en concert. «On n’a pas encore obtenu les droits», explique-t-il. Mais qu’est-ce que cette manie de pratiquer un art aussi suranné que la traduction de succès? «Il y en a qui font des Sudokus, moi je fais ça, badine Goulet avant de se reprendre plus sérieusement. L’idée, c’est de créer un univers cohérent avec toutes les chansons.» Il s’agit effectivement d’un univers cohérent, singulier et surtout engageant que propose Monsieur Mono, un univers qui ne supporterait pas une oreille distraite. Il faudra idéalement, comme nous le recommande son créateur, écouter Petite musique de pluie «un soir qu’on file relaxe, avec un verre de vin rouge, en bonne compagnie».
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