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Reportages et entrevues
13 novembre 2008
André Péloquin

photo :ValérieSangin.com

«As-tu ton pad?! As-tu ton pad!?», lance Dominique Hamel, croisé au Divan Orange lors d’un concert de We Are Wolves quelques heures après un premier rendez-vous manqué. «T’enregistres-tu? T’enregistres-tu?!», demande Hamel le lendemain soir à l’autre bout du fil (de son téléphone et non pas de son combiné micro). Lorsque je lui réponds à l’affirmative, l’ex-Motus 3F se lance dans une séance de beatboxing. Dom HameLLL, toujours prêt.

«Orange Orange, ç’a justement commencé au Divan Orange. C’est là que j’ai rencontré Sab. Je trouvais que c’était tout simplement la meilleure chanteuse au monde.» Sab, c’est Sabrina «Sabotage» Bellemare qu’on retrouvait ensuite sur les chœurs de certaines pièces du premier compact de Gatineau, le fameux groupe auquel Hamel collabore. «Tant qu’à collaborer sur les projets de l’un et de l’autre, pourquoi ne pas partir le nôtre?», de poursuivre Sabrina. Ainsi naquit Orange Orange: une idée, deux membres et une démarche pluridisciplinaire.

Bien qu’on accole souvent des étiquettes sucrées à la pelure d’Orange Orange, le modus operandi du projet, lui, ne se digère pas facilement. Récemment en entrevue avec le journal Montréal Campus, les compères surprenaient en qualifiant leur processus de «constructiviste», en plus d’aborder le côté dichotomique des textes. Vladimir Tatline et Sabotage Bellemare, même combat! «C’est sûr qu’on ne veut pas mettre de l’avant de la complexité derrière la construction de certaines pièces», confie la principale intéressée après un petit cours sur les répétitions retrouvées au sein des premières pièces du groupe, gracieuseté de Dominique. «On ne veut pas que les gens s’arrêtent en show pour y penser, poursuit-elle. C’est dans le bassin que ça se passe!»

Dessine-moi une orange
Autant sur scène avec ses performances endiablées, ses «planches à beats» (le clavier de Sabotage est installé sur une planche à repasser!) et autres gadgets musicaux que sur ses photos promos, Orange Orange entretient son image tout en évitant les clichés du genre (le portrait en noir et blanc sur le chemin de fer? non merci!). «Faut pas se leurrer, tranche Hamel. L’image est de plus en plus importante. On ne peut pas faire sans. De toute façon, ça fait aussi partie de nous. On aime autant le design que le kitsch.» Sabrina d’enchaîner: «cette dualité se retrouve aussi dans le nom du groupe, d’un côté c’est un fruit, une icône kitsch, puis de l’autre c’est une couleur plutôt design». En plus de s’imposer visuellement, Orange Orange veut aussi se limiter. «On ne veut pas être cute sur scène», tranche Sabrina. Dom intervient: «de toute façon, nos textes parlent de tristesse et de thèmes du genre, ils ne se prêtent pas vraiment à ça!» Et Bellemare de conclure: «sexy oui, un peu comme les loups justement, mais mignon, non!» À vous d’y goûter. (André Péloquin)

www.myspace.com/orangeorangeduo

13 novembre – Divan Orange (Montréal) dans le cadre de Coup de cœur francophone

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