12 novembre 2008
Barbara Girard
Une belle après-midi d’octobre, Hugo Fleury nous accueille chez lui à l’Île d’Orléans. Difficile de condenser ses nombreuses histoires intéressantes. Chaleureux, ce touche-à-tout patenteux et fervent adepte du duck tape lance son premier album solo Soudure Mexicaine dont il nous parle avec une passion et un enthousiasme contagieux.
À la première écoute, déjà on sent que Soudure Mexicaine est plus rock que Polémil Bazar. Qu’est-ce qui a influencé ton choix musical?
Ça remonte à loin! À mes premiers bands, au Lac-Saint-Jean. C’était punk rock, années 90, le temps de Béru. On avait un beatbox, une guitare électrique, du monde qui criait…
Pour remettre en contexte, j’ai connu la gang de Polémil Bazar quand je suis arrivé à Québec. J’avais commencé à apprendre l’accordéon, mais il y avait toujours le rockeur en dedans, plus calme à ce moment-là. Eux ont apporté un côté jazz, on a composé ensemble et y’a eu toute cette aventure. Au final, en arrêtant, je me suis retrouvé tout seul avec mes instruments, à me demander ce que j’avais envie de faire.
J’avais essayé de faire un peu plus rock sur la fin avec Polémil Bazar. On a arrêté seulement parce qu’on ne sentait plus la possibilité de faire un autre album. Il aurait fallu se réinventer à quelque part, on avait trop de «plis de groupe» pour le faire. Y’a des musiciens qui ont le goût de mettre des effets sur leurs instruments, mais d’autres non. Je comprenais et respectais ça.
Tu vois, dans la chanson Soudure Mexicaine, j’ai passé mon accordéon dans un ampli avec de la disto dans le tapis… c’est louche! C’est super dur à identifier. Mon guitariste pour le live, avec ses pédales, arrive quasiment à faire assez semblable…
Le son de cet album, je l’ai trouvé avec les dernières compositions. Je me suis mis à tripper guitare électrique avec accordéon qui se parlent ensemble. C’est là que j’ai senti que je touchais quelque chose. La dernière, L’étau est la meilleure de l’album. Personnellement.
Pourquoi est-ce celle qui te parle le plus sur ton album?
D’abord, j’adore le texte, mais aussi parce qu’elle a une signature, réellement! Toutes les percussions, c’est moi qui les ai faites, à coup de poubelle, j’ai pété des bouteilles. Dans ma remise, j’installe mes micros et je me fais des sessions de noise. Ensuite, en les éditant, je vais chercher les sons qui m’intéressent.
Éventuellement, en spectacle, notre idée serait de sortir de la toune, de partir dans un délire… J’aimerais débarquer du stage et me promener dans la salle avec des bruits.
Pour quelles raisons as-tu choisi le titre Soudure Mexicaine?
Le titre était choisi avant la chanson. Y’a un running gag, mes anciens collaborateurs ont trouvé ça hilarant quand ils ont su le titre. Je suis le gars du duck tape, tout le temps en train de patcher quelque chose. En tournée, j’ai tout le temps mon fer à souder, mes outils, je répare les fils… Je fais tout.
Vers 98, j’étais au Yukon. J’ai passé plusieurs semaines avec un Albertain, costaud, un gars de ferme, super trippant. On travaillait, des jobs de misère. Chaque fois qu’on faisait une patente avec du duck tape ou de la broche, il appelait ça «mexican solder». J’ai fini par adopter cette expression.
Dans le fond, la gestion personnelle de nos vies, de notre quotidien, la gestion de la planète, c’est tout le temps du patchage… de la soudure mexicaine. On essaye de prévoir… On fait ce qu’on peut. C’est au jour le jour. C’est l’explication du concept. (Barbara Girard)
Soudure Mexicaine disponible dès le 11 novembre
www.polemilbazar.com
12 novembre – Cabaret Juste pour rire (Montréal) dans le cadre de Coup de Cœur Francophone
27 novembre – Cercle (Québec)