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L'histoire du rock racontée aux enfants
Les frasques insensées de l’actuel président des USA, ce demeuré de W (réplique de son friqué/huilé de daddy), en ont inspiré plusieurs depuis déjà pas mal d’années. En particulier Al Jourgensen (ou Alain ou Alien, c’est selon), l’engagé et enragé leader du groupe Ministry – qui popularisa le métal industriel à l’aide des NIN, KMFDM et Skinny Puppy. Étudions ensemble son tranchant parcours… en dents de scie. Peu de gens savent que le ténébreux Jourgensen (avant son look de sosie de Rob Zombie) donnait dans le new wave très sucré, façon Pet Shop Boys, et avait le toupet crêpé. Sans déconner. Donc, après son douteux premier long jeu arriva Twitch, ouvrant la voie au son plus sombre et industriel qui devint l’un de ses trademarks. Ça s’aggrava sur The Land of Rape and Honey avec l’ajout de bien corrosives guitares et d’échantillonnages tirés de films de genre. Incluant la populaire Stigmata (aussi sur la B.O. de la série B cyberpunk Hardware), The Land of Rape and Honey soulignait l’arrivée du nouveau bras droit de Jourgensen, le bassiste/machiniste Paul Barker. The Mind is a Terrible Thing to Taste continua sur la même belliqueuse lancée avec des sonorités similairement usinées, composées de rythmes répétitifs, de voix distortionnées, de plus gros riffs et de films échantillonnés. Simultanément, Jourgensen et Barker s’extrapolèrent dans divers projets ensemble ou séparément: notamment Revolting Cocks (le plus populaire de leurs projets secondaires, incluant deux gars de Front 242), Lard (avec Jello Biafra), Pailhead (avec Ian MacKaye) et 1000 Homo DJs (avec des caméos de Trent Reznor et Biafra) en plus de produire et remixer (dont Reverend Horton Heat et Anthrax). Le monde reçut ensuite une dévastatrice bombe, soit le dangereusement excellent KEФAΛHΞΘ – que Claude Rajotte a placé bien haut. C’était aussi l’un de leurs plus métallisés (bienvenue guitariste Mike Scaccia) et politisé. Et v’lan dans les dents de Bush père qui y fut aussi samplé, tout comme quelques vues cultes (des Lynch, Argento, Coppola et même Hellraiser 1&2!). Sans oublier le tube Jesus Built my Hotrod (avec au micro Gibby Haynes des Butthole Surfers) qui immortalisa nos rockeurs et leur passage au Lollapalooza qui – avec son décor digne de Texas Chain Saw Massacre – en laissa plusieurs pantois. Les trois inégales – car plus expérimentales – galettes subséquentes furent accueillies dans l’indifférence presque totale (quoique Filth Pig reste assez génial). L’abus de drogues dures de la bande pesa lourd dans la balance. Peu après que Barker quitta se refaire une autre vie (après presque deux décennies), Ministry repartit en guerre avec Houses of the Molé (qui aurait facilement pu être sous-titré Psalm 69 part II), un retour au métal brutal particulièrement politique: on retrouve conceptuellement un W dans chaque titre. Ç’allait être le premier volet d’un solide triptyque anti-George W. Bush dont les discours y seront – évidemment – échantillonné/trafiqués abondamment. Heureusement que le chanteur texan n’a pas grandi par ici, car l’inoffensif Jean Crétin ne l’auraient pas autant mis en maudit, c’est certain. Les deux autres parties de la trilogie allaient bénéficier des talents des ex-Killing Joke Paul Raven (basse; 1961-2007) et Tommy «Prong» Victor (guitare). Jourgensen souhaitant se concentrer sur l’étiquette qu’il vient de fonder (13th Planet Records), Ministry vient de sortir une compil de reprises et tourne présentement l’Amérique avant de rendre définitivement ses armes… quasi atomiques. (Kristof G.) www.ministrymusic.org 3 mai – Métropolis (Montréal) MINISTRY – Discographie With Sympathy [1983] * Live
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